Vendredi 14 novembre 2008

La tête est encore lourde sur l’oreiller,
La chaleur du lit garde les corps engourdis.
La nuit s’estompe révélant le laurier
Sous un croissant de lune bien trop petit.

Le ciel diaphane presque pellucide
Me présente une journée au fond d’air algide.
Par la lucarne ouverte, j’attrape une brise
Qui me transit tout entier sans surprise.

Un air de bois échappé d’une cheminée
Vint embellir ce souffle d’une note cendrée.
C’est déjà Noël et ses ombres qui s’avancent :
Les parfums de la clémentine et du sapin

S’uniront à l’éclat de la bougie qui danse.
Et des cadeaux aux feuilles de papiers peints
Ouvriront grand les yeux avides des enfants.
Mais pour l’instant, c’est le travail qui m'attend.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mercredi 12 novembre 2008

Je vois une chambre, je vois un lit
Je vois des draps sans aucun pli.
Où la mémoire repose le silence dort
Des rêves ont fui les clartés de l’aurore.

J’entends un son, je devine une musique,
Une valse qui court de façon folklorique,
S’échappe du plafond, s’élance dans la rue,
Les pas de la pluie au loin se sont perdus.

Je sens un parfum qui, témoin d’une présence,
Affirmant avec force et souligne l’absence
De l’arôme de l’esprit quand l’âme n’est plus.

Sur une table les photos des disparus,
Un froid chandelier, un livre inachevé
Une paire de lunette très peu portées.
par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 7 novembre 2008

Le soleil dans le dos me pousse et me tempère.
Mon ombre précède mes pas et se déploie
Au début sombre de la chaussée qui se perd
Aux pieds des cafés éclairés de néons froids.

Un vent frisquet venu de l’ombre me fait face
et me freine alors que je remonte la rue.
Les devantures aux mannequins au teint écru
S’éteignent et de la nuit effacent les traces.

La ruelle dans un instant va s’animer
Et délivrer ses flots de voitures pressées.
Le silence sera percé par les livreurs,

Par le camion encombrant des éboueurs.
Pour l’instant c’est un café que je viens chercher
Un échos du réveil pour lancer la journée.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mercredi 5 novembre 2008
J’ai quitté ma maison pour ne plus y revenir.
En fantôme je l’ai traversée sans sentir
Ni chaleur, ni parfum révélant un passé.
Comme sur une image, tout s’était figé.

Les pièces, les murs de ma chambre, du salon,
Tout autour de moi était devenu distant
Comme sont les lieus d’un rêve rappelant
L’espace que la mémoire cherche à tâtons.

Des souvenirs m’ont interdit, de ma maison,
Le seuil, du cœur la sensation du frisson.
J’ai hanté longtemps certaines autres façades

Sans non plus rien voir parce que vides et fades.
Je me suis agacé de ces cloisons sans âme
De ces prisons de promesses aux sors sans charmes.
par Anderson publié dans : Poésie
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Mercredi 29 octobre 2008

Ce que les lèvres ont du taire faute de temps
Les yeux l’ont exprimé en un court instant.
Ce que le son de sa voix n’a su porter
Un dernier regard vint à le supporter.

C’est un message catapulté en plein cœur,
Une missive illisible par la raison.
C’est un cri d’adieu, en guise d’oraison
Déchirant le silence de ces sombres heures.

Que les secondes sont longues dans ces moments
Où la mort semble vouloir étirer le temps.
Que la nuit et le froid sont denses, colossaux

Alors qu’ils deviennent un ultime berceau.
Que les mots furent inutiles pour exprimer
Les sentiments d’une vie ainsi libérés.
par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 21 octobre 2008

Le journaliste est vraiment
un drôle d’oiseau
Comme en paon aux larges plumes, il fait le beau.
Il aime être entendu et pousse son cri haut
En campagne comme en ville, il n’est qu’un corbeau.

Il parle parce qu’il sait, c’est un perroquet.
Il suffit que les bourses prennent un hoquet
Ou qu’elles soufflent s’exprimant dans un soupir,
L’oiseau s’exclame ou braille proclamant le pire.

C’est un animal fier de sa jolie plume
Et c’est souvent là que se découvre le hic
C’est un animal caché par des stylos bic.

Il s’enorgueillit de sa très haute culture,
Aime le sang qu’il prend pour de la confiture.
Dans la savane, il parait de mauvaise augure.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mercredi 15 octobre 2008

C’est l’ombre, puis humidités et parfums
Ce sont les douces chaleurs qui montent des bains.
Des bougies parfumées font, de l’escalier,
Un chemin de foi étrangement éclairé.

Dans les profondeurs, la nuit nous embrasse
Et la moiteur nous berce et l’eau nous délasse.
Nous nous abandonnons aux bains successifs
Le moindre mouvement devient excessif.

Petit à petit tout le corps semble gavé
D’un excès de pesanteur, de tranquillité.
Un dernier nuage de vapeur nous consomme,
Les massages, définitivement, assomment.

Le temps s’est arrêté, les heures évaporées.
Qu’importe puisque nul ne pense à remonter.
Parmi les nuages, nous croisons au hasard
Quelques émanations aux yeux hagards.

D’autres que nous errent dans la chaleur des flots
Sur le bord des piscines, les pieds dans l’eau.
Certains chuchotent d’autres comme pétrifiés
La face baissée, l’œil fixe, hypnotisé

Sont déjà partis ne semblant plus respirer.
Une seule baignoire est à présent désertée
Dans le recoin des thermes le plus étouffé.
Des marches à pas feutrés s’évanouissent

Dans un liquide cristallin où des iris
Se reflètent figées de sur le fronton peint.
Mon pied traverse le délicat dessin.
L’onde se froisse, une mâchoire se ferme

Mordant à pleine dent tout mon épiderme.
Tombant à la renverse c’est tout le corps
Qui se perce, qui se contracte et se révolte
La peau détendue maintenant raidi ses pores

Tout se réveille et les idées virevoltent,
Sortir, se réchauffer, traversant les bassins
Devenu brûlants d’inconfortables caresses,
Monter l’escalier et le niveau de stress.

La chaleur vite calme un pas qui ralentit.
La lumière apparaît et l’air frais aussi
Qui, emplissant les poumons redonne la vie.
La rue est là et la ville pleine d’envies.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 14 octobre 2008

20 ans cela en représente du temps
Ou bien, du tant, tellement qu ‘on en oublie
De tous ces jours le premier, le commencement.
Lui semble loin, si inconséquent et petit.

Mais c’est pourtant par lui que tout fut lancé
Que le compte entamât sa course, sa tournée
Qu’il a détalé pour devenir effréné.
Le temps s’est perdu emporté par la journée.

Les autres jours l’on suivi, certains l’on rejoint
Comme les grains de sable dans le sablier
Ils s’entassent, s’établissent et ne bougent point.
Certains jours ont fui, tombés dans un trou noir

Ils ont échappé aux filets de ma mémoire.
J’ai perdu ces moments, peut être des espoirs,
Peut être des instants de délicieux moments,
Que je retrouverai caché au firmament.

Qu’importe finalement puisque le temps passe
Et les jours, puisque chaque nuit, ils trépassent.
20 ans c’est une vie et un instant fugace
C’est un mauvais quart d’heure qui reste et trop agace.

C’est des étés, des hivers, de la lumière
C’est du soleil, de la pluie, des jours, des nuits
Qui n’ont d’importance que vu par derrière.
On ne les regarde que lorsque l’on s’ennuie.

par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 10 octobre 2008
Un espace infiniment calme partage
Ma vision entre la douceur d’un bleu profond
Et le noir imparfait des branches d’un buisson
Reliquats de jets d’encre ou traces de cirage.

Au milieu trône une lune extravagante
Eclaboussant de ses lueurs trop ardentes
La vague qu’un jour une brise souleva
Quelque part au large, loin, tout là-bas.


La lune veille son reflet jalousement
Comme le dandy surveille son parement.
Tous les deux sont éphémères, un rayon suffit

A voir de leur charme l’amplitude proscrit.
Tous les deux disparaîtront sans enchantement
Pour l’un avec le jour, l’autre avec la nuit.

par Anderson publié dans : Poésie
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Lundi 6 octobre 2008
J’ai un rayon de soleil dans la tête,
Un éclat de rire bourdonnant dans les oreilles
Qui m’accompagne le matin dès le réveil
Et me berce le soir, sitôt que je m’arrête.

Éteignant le feu brûlant en ma mémoire,
Il nourrit les fleurs de quelques lointains espoirs.
La nuit s’éclaircit et tous mes rêves sont doux
J’ai un souffle tendre accroché autour du cou.

Comme la caresse d’un cil, battement d’aile
Chassant tous les nuages noirs qui s’amoncellent.
Il dégage d’un sourire mes horizons

J’ai un éclat de rire comme passion,
Il rythme mon cœur et l’émerveille.
J’aime à l’entendre sonner dans ma maison.
par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 3 octobre 2008
Les chênes déjà se couvrent de rouille
Dans l’humidité du matin gris et froid.
Lentement ils se balancent, puis droit,
Éparpillent leurs feuilles que le vent fouille.

Les passants les imitent dans leur chevauchée,
Ils se courbent, se redressent puis se secouent
Ramenant leur col pour couvrir leur cou
Ils jettent l’eau qui ruisselle à leurs pieds.

La route de bismuth luit sous des pas
Qui parfois glissent sur des feuilles en amas
De ces talons naît le rythme d’une chanson.

Elle s’enfuit vite derrière une maison.
Seuls les arbres et les feuilles restent à danser
Dans une rue glacée trop vite désertée .
par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 8 février 2008

Le regard de l’homme assis est immobile.
Devant lui, la vitre montre, fébrile,
Les hoquets futiles d’une ligne d’horizon
Qui souhaitait attirer son attention.

Le train parcourt un paysage automnal
Trop lent, le temps aussi, s’écoule, banal.
Quelqu’un dans le wagon ouvre une mandarine
De son parfum, envahissant ses narines,

Naît un souvenir d’une douceur enfantine.
C’est celui d’un Noël lointain qu’il devine :
Un goûter au chaud que rapidement on abrége
Pour un bonhomme tout blanc et son chapeau beige.

C’est le souvenir d’un fruit discrètement
Glissé dans une poche par une maman.
C’est l’arôme sucré naissant de doigts gelés
Et d’un liquide froid bien vite asséché.

Les doigts sont raidis, mais le parfum sucré
Fait oublier le gel mordant, la goutte au nez
Et la nuit qui arrive en mauvaise surprise.
Hors du train, le ciel aussi perd son irise.

Un appel extrait l’homme loin de son rêve
L’annonce d’une gare, dans le temps, une trêve.
Les lueurs tristes de la gare éclaboussent
Le train contrarié par d’impromptues secousses.

L’homme baille et se lève. Son errance achevée,
Il saisit son grand manteau d’un noir délavé.
Sur le quai un autre froid austère le saisi
Au col relevé sur des épaules qui fuient.
par Anderson publié dans : Poésie
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Lundi 15 octobre 2007
La valse du temps passe, imposant ses pas,
Comme la vie exige ses hauts et ses bas.
19 ans, un temps, peut-être, une vie sûrement
L’age de maturité devenant parent.

Tu auras vu, hésitant, mais vaillant toujours
Les actes des uns comme leurs demi-tours :
Les mariages, les naissances et le reste
Les poids du sort que certains osent et délestent.

La vie est un orchestre qui passe chantant
Qui s’arrêta un jour et d’un geste reprend.
Une note a suffi et d’un enterrement

Fait d’une chanson, l’étoile d’un firmament.
Rien n’est sans l’amitié, ni sa soutenance
Pour que tout cela, toujours et encore, danse !
par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 24 juillet 2007
Le film est fini, il est l’heure de se coucher.
Il est un peu tard et l’enfant est existé
Il saute, court, gesticule et n’écoute rien
Le père appelle, répète que ce n’est pas bien.

L’enfant obéit un temps, mais rit et se moque
Un geste inconscient tombe et c’est le choque.
La fessée claque sur la peau sans pantalon
Et résonne de la chambre à travers salon.

Le temps se fige, l’enfant verse des larmes.
Il se couche avec son ours couleur parme.
Le deuxième écho naît dans le ventre du père
Celui du bruit claquant affreusement dans l’air.

Alors surgissent le doute, l’amertume,le remord,
L’incompréhension du geste le rompt, le tord.
Il s’en veut alors que très vite l’enfant oublie.
Il s’en veut et l’enfant lui, lui sourit.
par Anderson publié dans : Poésie
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Jeudi 28 juin 2007

Tu es la mer, l'eau, l'océan, turquoise et argent,

L'onde enfle sous ton souffle et s'étend

En caresses douces, suaves sentiments

Couvrant les fonds sombres de mon esprit aimant.

 

  
Tu es feu, la flamme brulante, le tison,

Ardent en mon cœur rouge sans plus de raison

L'embrasement de ma force, de passion

Qui dévasta de mon passé le moribond.

 

 
Tu es la terre, l'humus, le socle fertile

Où plongent mes racines, envieux asile

Devenant en t'ouvrant par le temps ma maison

Et qui me sert dans mes voyages d'horizon.

 

 
Tu es le vent, l’insaisissable sifflement

L'air du soupirant balayant distinctement

Gènes, blessures et amers dénigrements.

Tu es l'élément de mon soulagement.

 

 
Je fus séparé, démembré, en substance

Privé crûment de ce que furent mes sens.

Ta présence m’a reconstruit avec patience.

Tu es les éléments ma reconstruction.

 

 
Tu es de ma route, mon inspiration

Faite mienne mêlée à la tienne.

En mon regard une vision éternelle

Reçue l’écho d’une aube inspirée et nouvelle.

 

 
Percevant le jour à travers tes persiennes

J’ai redécouvert un avenir désiré,

Une identité perdue enfin retrouvée,

Epanouissement potentialisé.

par Anderson publié dans : Poésie
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