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Jeudi 14 décembre 2006

Ce matin, la lune en accroc d’argent, perçait
Les voiles d’un ciel rose et bleu trop frais.
L’hiver arrive enfin et avec lui le gèle
Qui filtrera nos matins de couleurs de perles. 

Les nuages teintés de mousse d’opale,
Suspendus dans les profondeurs d’un bol bleu pale
Reflétaient, frêle, la chaleur des rayons.
La terre exhalant des allures de charbon 

Aux endroits dénudés, sans herbes, élevait
Des fumaisons de cheveux gris et vaporeux.
Ce petit cadre onirique introduisait
La robe et les yeux d’un petit faune heureux. 

Sans bruit, le chat dandinait son manteau gris
Sur le sillon étroit de béton du parvis,
Ses babines anticipant le repas, ravies. 

par Anderson publié dans : Poésie
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Lundi 11 décembre 2006

Les mouettes sont là. Sans elles la mer n’est pas.
Elles portent dans le vent le blanc de leurs ailes
Jusqu’au firmament de l’horizon éternel.
En majestueux pantin, planant sur moi 

L’oiseau monte et descend au bon vouloir des vents
Une brise la berce, juste en passant.
Un coup d’aile ou de queue par moment les bouscule
Transformant du coup leur envole en virgule. 

Elles s’agitent, se rattrapent et enfin reprennent
Leurs vols paresseux aux destinations lointaines.
J’envie ces mouettes jusque dans la tempête, 

Qui, au-dessus des nuages et des crêtes
Garde la chaleur du soleil dans leur plume.
Et moi, tout en bas, dans le froid, je m’enrhume.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 5 décembre 2006

A quand la neige, à quand les boules
Quand vont apparaître les reflets d'argents
Des guirlandes au-dessus de la foule
A quand la longue liste des enfants? 

Bientôt sans doute car déjà un parfum vert
A certains coins de rue occupe le pavé.
Un amas de robes sombres, à couvert,
S'appuie sur une vitrine déguisée. 

Quelques badauds aux écharpes allongées
S'arrêtent pour estimer ou pour regarder
L'arbre décapité, le prix de sa tête. 

Ce week-end, peut-être décidés, ils verront
Quel beau trophée ornera leur salon.
A quand ces fameuses soirées de fête?

par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 24 novembre 2006

J'aimerais que nous prenions un bateau
Pour visiter ensemble l'ensemble des eaux.
Nous traverserons doucement les océans
Comme fait, en dérivant, chaque continent. 

J'aimerais que nous prenions un avion
Pour voir si les nuages sont en coton.
Comme sait le faire l'oiseau, la tête en l'air,
Nous visiterions chacun des courants d'air. 

J'aimerais que nous prenions un de ces trains
Que les rails emportent quelque part au loin.
De ponts en tunnels, de maisons en citadelles
Nous parcourrons la terre sans avoir besoin d'ailes. 

Le globe ainsi accompli nous allongerons
Nos corps épuisés et grand nous ouvrirons
Nos regards, nos sens et nos âmes libérés
Vers cette autre sphère d'étoiles enflammées.

 

par Anderson publié dans : Poésie
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Jeudi 23 novembre 2006

J’ai vu des feuilles d’or parsemer le ciel
Volant en éclaire semblable aux fées au réveil.
J’ai rêvé d’une plage argentée de bleu.
J’ai vu cela dans la lumière de tes yeux.

Les silencieux sifflements des douze vents
Et l’eau fraiche d’une fontaine, d’un torrent,
Coulaient dans les bambous en danseurs langoureux.
J’ai vu cela dans la douceur de tes cheveux.

J’ai perçu les dunes chauffées par le soleil
Rougeoyer comme un feu à nul autre pareil
Alors qu’en bédouin, une main tendre, en eau,

Essayait d’épancher la soif de ta peau.
J’ai découvert tout cela dans un seul regard
Et mille choses que je garde pour plus tard.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 17 octobre 2006

Déjà les cheminées encensent par de maigres fumées

Le matin, d'un parfum de buches enflammées.

Cela me renvoie, dans des ruelles désertées,

Dans le temps où Langres aimait être vêtu,

 

Avant Noel, de blanc et de gèle à perte de vue.

Nous endossions alors de gros blousons

Et, camouflés sous des écharpes marrons

Nous partions à l'assaut des remparts et des rues.

 

Les vieilles pierres tentaient de réfléchir l’écho

De nos pas et de nos luttes de boules de neige.

Le bruit s'endormait sous l'épaisseur du manteau.

Un bonhomme naissait sous un chapeau beige

 

Faisant face à la mairie et au monument.

Les boules que nous avions roulées ça et là

Pour l'ériger avaient fait naître, à grand peine,

Des chemins d'herbes gelées et zigzagants.

 

Si la chute avait été très abondante

Nous courrions alors,  vers les hauts murs.

Nos regards cherchaient les routes glissantes

Et les forêts de troncs noires, devenues obscures.

 

Il n'était pas rare de découvrir abandonnées,

Les véhicules de quelques aventureux

Qui avaient glissés, de travers, dans les faussés.

On voyait parfois, encore les traces des pneus.

 

C'est là, sur les remparts que je respirai le mieux

Ce parfum de cheminées balayé par les vents.

Le grand père marchait toujours devant

Nous le suivions aussi du cœur et des yeux.

 

Il ouvrait un chemin très largement connu

Nous le parcourrions quotidiennement.

Ce parfum planait même au détour des rues

Caressait mon nez, plus ou moins fortement.

 

Le tour de la ville achevé, nous rentrions

Frigorifiés pour boire un chocolat noir.

D’autres parfums s’élevaient dans la maison

Et s’accrochaient solidement à ma mémoire.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 10 octobre 2006
Où sont donc passés tous ces presque vacanciers
Qui cet été envahirent, belles journées,
Les pelouses des parcs, espaces de libertés?
Un rayon de brume ou de pluie les a chassés. 

Où sont donc passées les fleurs qu'hier encore
Embaumaient de leurs parfums riches et discrets
Les doux après-midis de soleil et les corps
Qui commençaient à nous révéler leurs secrets?  

Que m'importe cette horde et ces belles fleurs
Puisque je garde cachée au fond de mon cœur
Une rose rouge tendrement parfumée, 

 Trouvée dans un parc au tout début de l'été.
Ces épines sont présentes mais s'adoucissent
Alors que s'ouvre sa corolle rouge et lisse.

par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 6 octobre 2006

Il suffit d'un instant pour changer une vie 

Comme un éclair qui d'un coup surgit 

Déchirant à la fois l'ombre et l'ennui 

D'un ciel trop noir, trop lourd ou bien trop gris.  

 

Il suffit d'une chance, un jour, saisie 

Comme un éclair inspiré par un géni, 

D'une fleur au détour d'un chemin 

Que l'on respire et caresse de la main

 

Pour embellir d'un coup, un jour ou la vie.

Une rencontre seule et beaucoup de courage 

Peuvent emplir le cœur et l'entourage  

 

D'un nouvel amour, d'un nouvel ami. 

Mais il faut souvent apprendre toute la vie 

Pour savoir mettre ces occasions à profit.

par Anderson publié dans : Poésie
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Jeudi 5 octobre 2006

Un bouquet de roses attend chez toi.

Quelques roses parce que j’ai froid

Loin de ton souffle et de tes bras.

Mes mains te cherchent, tout bas,

 

Je suis aveugle sans tes yeux vermeils.

Aucune musique ne résonne à mes oreilles.

Je suis sourd sans le son de ta voix.

Elles bourdonnent dans le silence

 

Assourdissant de ta trop longue absence.

Je te sais là-bas occupée, fatiguée

Je te veux dans mes bras, pour t’aider.

Malgré mes erreurs, je veux être présent

 

Mais non envahissant dans ton espace.

Trouvons ensemble nos propres places.

Construisons discrètement un paradis

Ou au moins une air de repos, un abri.

 

Chacun ne peut apporter que ce qu’il a

Chacun ne peut donner que ce qu’il peut

Chacun peut agir pour être heureux.

Un bouquet t’attend, je pense à toi.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mercredi 4 octobre 2006

J’aimerais être un roi

Pour aider à ériger ta vie

Mais je ne peux être que moi

Influent un peu sur ce que je vis.

 

J’aimerais être un prince de sang

Et généreux pour combler tes envies

Mais je peux assouvir, de mon rang

Et de ma succession, que ce que je puis.

 

J’aimerai être un géant pour voir loin

Et t’aider à avancer vers demain

En toute sécurité grâce à ma force.

Du chêne n’apparaît souvent que l’écorce

 

Mais sa sève coule dans mes veines

Et forge ma volonté face aux peines.

De tous je garde un peu de traces

Permettant d’être et de faire face.

 

Je suis courageux et peux devenir un héro

Si tes yeux me regardent avec ton cœur.

Pour toi je peux faire face au taureau

Ou construire un château entouré de fleurs

 

Je peux tout faire pour devenir un roi,

Un prince ou un géant si tu veux.

Je peux aussi être ce que je sais le mieux

C'est-à-dire, restant simple, un peu plus que moi.

par Anderson publié dans : Poésie
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