La mouette et le goéland sont l’océan.
Leurs ailes sont les écumes jetées par les vents
Qu’ils battent comme les vagues sur les rochers
Lorsqu’ils s’élèvent en jets et partent voyager.

Ils cachent du gris virant au noir par endroits
Comme les ondes taisent richesses et proies.
Nul ne peut approcher les secrets maritimes
Comme aucun ne caresse ces oiseaux des cimes.

Leur regard est fait des couleurs de l’horizon
Qu’ils chantent en choeur d’un même diapason.
Tous fixent un point, loin devant, comme hypnotisé
Tous tournés au-delà des crêtes irisées.

Ils gardent le rose qui pu être arraché
Aux nuages comme à la grève un soir d’été.
Le fut-il aux rivages exposant leur corail
Châteaux aquatiques ceinturés de murailles ?

Leurs pattes gardent-elles traces des combats
Livrés pendant des siècles par les armadas ?
Rouge, blanc et le noir se mêlent dans les airs
Pour donner naissance à cet étrange bestiaire.

Sont-ils au final, les âmes de ces marins
Que les remous bercent en secret avec soin ?
La mer leur aura certainement tout donné
Pour en faire ses plus parfaits messagers.
Alors que le soleil plonge dans l'océan
le chant du grillon s'élève.
Il impose le licence sur la grêve
et rythme le souffle du vent.
Le ciel est une page blanche bordée
Par des murs et des toits de cheminées brodés.
Leur craie n’offre qu’un mince reflet de volume
A leurs pieds, à un bonnet rouge qui fume.

Une main est tendue, tremblante sans gants,
Et porte en suspend l’espoir d’un mendiant.
Ses yeux plongent dans l’abîme du bitume
Cherchant, immobiles, leur vision posthume.

Tout en lui semble vide, rien ne bouge
Si ce n’est la main posée sur la laine rouge
Pour porter aux lèvres la cigarette offerte.

Le regard se lève alors sur la rue déserte,
Replonge dans un soupir digne d’un trépas.
La foule pourtant est là, ils ne se voient pas.


Ce matin, le ciel s’enflammait sur Paris
Comme autre fois à Rome ou encore à Pompéi.
Les toits éblouissants débordaient d’étincelles
Tombantes sur les pavés glissants de Courcelles.

A Neuilly, des nuées mettaient en évidence
Des voûtes colorées sous la pluie qui danse.
Un arc-en-ciel dominait cette cité
En géant de passage un instant arrêté.

Sa tête avait disparu dans les hauteurs
Ignorant les ruelles, des toits, leurs lueurs.
Encore plus bas des passants sur le bitume

Engoncés dans leur importance posthume
Se camouflaient sous leur grand parapluie noir
Front et nez baissés ils ne voulaient rien voir.
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