Cachée sous une feuille, d’un rouge éclatant
La dernière fraise de cet été m’attend.
Son rouge insolent inonde tout le jardin.
Elle était la seule qui, depuis tôt ce matin,
Capturé la chaleur et la lumière du jour
Que le mur gris et les feuilles vermeilles,
Exhalèrent pour cet ultime fruit porteur de merveilles.
Je la dégageais délicatement de son écrin,
Elle inonda mes doigts de douceur et de parfum.
L’approchant de mes lèvres, mon nez fut pris
Dans de tout ce qui en fit incomparable fruit.
Mordant délicatement elle m’envahit tout entier
L’espace d’un instant je devins un fruit d’été.
Sentir ton souffle au creux de mon épaule
Sentir ton parfum tout autour de moi
Surtout réussir à m’endormir près de toi
En plaçant la couette sur tes épaules.
Dormir pour rêver, rêver d’un devenir
D’un avenir à deux et surtout trois
Développer des horizons plus jamais étroits
Dormir suspendu et rêvant de tes soupirs.
Somnoler peut-être, plus simplement
Pour goûter chaque instant de ta présence
Pour respirer chaque douceur, tendrement,
De ta peau avant ton indésirable absence.
Alors je m’endormirai, encore, pour ressentir
Cet instant avant de te laisser partir
Peut-être qu’un jour, nous nous enlacerons
Peut-être qu’un jour tu ne retiendras plus
Le désir d’un si merveilleux frisson.
J’aimerai que ce soit demain, je ne tiens plus.
Je nous devine sur une herbe grasse.
Je te vois presque endormie et lasse
De tant d’étreintes et de caresses exprimées.
Je nous vois, peau contre peau, serrés.
Je nous imagine sur une plage
Inondée de lumière et regardant
Ton petit chassant sur le rivage
Les vagues et les crabes passant.
Je lui apprendrais à nager
Tu lui donneras le goût de voyager.
Il fait beau, je te retrouve ce soir.
Malgré la pluie, je sais que je vais avoir
Un rayon de soleil qui viendra te prendre
Et qui t’amènera jusque chez moi.
Les heures vont passer, je vais attendre,
Ton apparition et surtout mon émoi.
Je t’imagine déjà, en bas, sonnant,
Et moi, sautant sur l’interphone
Pour ouvrir les portes à double battant.
Peut-être utiliseras-tu ton téléphone
Pour m’annoncer ton arrivée.
A la fenêtre, je guetterai ta silhouette
Ta démarche à pas de félin, cadencée.
Je t’imagine, déjà, blottie sous ma couette.
Entre soleil et sommeil mon âme s’endort
Entre douceur et merveille mon esprit, encore
Parcourt les chemins doucement bercés d’espoir.
L’espace d’un temps, beaucoup plus court que le jour,
A la lune levant dans une eau de miroir
Il fait le tri de ses expériences d’amour.
Il a lavé les remords dans les eaux du chagrin.
Il espère une rose peut-être pleine d’entrain,
Evite les épines, dans un souffle l’étreint.
Chaque matin il souhaitera découvrir
Tous ses parfums, sa douceur et son sourire.
Dès que le jardinier aura débarrassé le terrain,
Il se glissera pour entretenir à son tour
L’herbe, la fleur et son bourgeon avec amour.
D’abord le souffle de deux lèvres qui se rapprochent,
Deux regards qui se croisent et s’effacent.
Deux cœurs qui battent, devenus très proches,
Battant en harmonie pour trouver leur place.
Deux lèvres qui se touchent et se caressent
Deux corps, deux âmes qui se pressent
Et vibrent donnant le la comme un diapason
De la symphonie des sens et des passions.
Deux lèvres comme les bras du chef
Appelant l’orchestre d’un geste bref
Pour entamer le concert d’un moment
De tendresse entre deux amants.
Un instant d’artifice attendu longtemps,
Un instant où le temps se suspend.
Deux lèvres créant une éternité
Plus chaud qu’un midi d’été.
C’est tout d’abord avoir vécu des choses
Des évènements, des aventures qui, le plus souvent
Se sont mal finis, ou terminèrent dans un tournant.
Ce sont des portes qui sont demeurées closes.
C’est la leçon que l’on apprend des coups du sort
C’est la légèreté du plat, amer mais enfin digéré,
Que le temps à permis de faire disparaître et passer.
C’est une pierre en plus à la construction du fort,
Qui nous permet de nous protéger et de vivre
Sans trop de difficultés, d’avancer et de devenir
Celui ou celle qui justifie notre naissance.
C’est l’ensemble de ce qui détermine l’aisance
Avec laquelle nous passons de notre errance
A l’application de l’ensemble de nos connaissances.
Une rencontre est comme un nénuphar
Sous un mystérieux rayon de lune argenté.
Sur un étang profond, insondable miroir,
Un sourire de brise le fait frissonner.
Une rencontre c’est comme une rose
Eclairée dans l’ombre par le soleil.
Une promesse de parfum vermeil
Qui émerveille le nez une fois éclose.
C’est la douceur du petit cheval marin,
L’hippocampe bercé doucement dans le courant.
Accroché aux algues, délicatement ondulant,
Il semble toujours sourire, plein d’entrain.
Dans sa lente cavalcade, sur ses reins,
Une nageoire salut en passant
Sur un hamac orné de dentelles
Aux dernières lueurs du jour,
Nous serons bercés, comme sous un abajour
Dans la beauté tendre des Seychelles.
Rayons cristallins et tendres le matin,
Intenses et câlins le jour par folie,
Nous oublierons le passé en repli,
Et vivrons des jours sans fin.
Est-ce simplement du corps la séparation
D’avec l’âme annonçant sa putréfaction ?
Est-ce la fin d’un rêve où le dormeur
Se réveille, comme pris de stupeur
Par la dureté, parfois, de la vie, de ses heurts ?
Est-ce le début de quelque chose d’autre
Dont peuvent nous avoir parlé les apôtres ?
L’annonce d’un monde enfin vrai, véritable
Cuisine avant d’atteindre la vraie table.
La mort est-elle si différente de la vie
Qu’il faille une rupture pour briser l’ennui ?
Enfin, ne serait-elle pas de la vie
L’examen final de l’âme, de l’être
Déterminant de l’apparence au par être?