Je vois une chambre, je vois un lit
Je vois des draps sans aucun pli.
Où la mémoire repose le silence dort
Des rêves ont fui les clartés de l’aurore.

J’entends un son, je devine une musique,
Une valse qui court de façon folklorique,
S’échappe du plafond, s’élance dans la rue,
Les pas de la pluie au loin se sont perdus.

Je sens un parfum qui, témoin d’une présence,
Affirmant avec force et souligne l’absence
De l’arôme de l’esprit quand l’âme n’est plus.

Sur une table les photos des disparus,
Un froid chandelier, un livre inachevé
Une paire de lunette très peu portées.

Le soleil dans le dos me pousse et me tempère.
Mon ombre précède mes pas et se déploie
Au début sombre de la chaussée qui se perd
Aux pieds des cafés éclairés de néons froids.

Un vent frisquet venu de l’ombre me fait face
et me freine alors que je remonte la rue.
Les devantures aux mannequins au teint écru
S’éteignent et de la nuit effacent les traces.

La ruelle dans un instant va s’animer
Et délivrer ses flots de voitures pressées.
Le silence sera percé par les livreurs,

Par le camion encombrant des éboueurs.
Pour l’instant c’est un café que je viens chercher
Un échos du réveil pour lancer la journée.

J’ai quitté ma maison pour ne plus y revenir.
En fantôme je l’ai traversée sans sentir
Ni chaleur, ni parfum révélant un passé.
Comme sur une image, tout s’était figé.

Les pièces, les murs de ma chambre, du salon,
Tout autour de moi était devenu distant
Comme sont les lieus d’un rêve rappelant
L’espace que la mémoire cherche à tâtons.

Des souvenirs m’ont interdit, de ma maison,
Le seuil, du cœur la sensation du frisson.
J’ai hanté longtemps certaines autres façades

Sans non plus rien voir parce que vides et fades.
Je me suis agacé de ces cloisons sans âme
De ces prisons de promesses aux sors sans charmes.
La pub originale



















Ce qu'elle m'inspire :





Ce que les lèvres ont du taire faute de temps
Les yeux l’ont exprimé en un court instant.
Ce que le son de sa voix n’a su porter
Un dernier regard vint à le supporter.

C’est un message catapulté en plein cœur,
Une missive illisible par la raison.
C’est un cri d’adieu, en guise d’oraison
Déchirant le silence de ces sombres heures.

Que les secondes sont longues dans ces moments
Où la mort semble vouloir étirer le temps.
Que la nuit et le froid sont denses, colossaux

Alors qu’ils deviennent un ultime berceau.
Que les mots furent inutiles pour exprimer
Les sentiments d’une vie ainsi libérés.

Sous les arcades, à Valence,
des gens en promenade
hésitent entre une baignade
ou les rondes d'une danse.

Le journaliste est vraiment
un drôle d’oiseau
Comme en paon aux larges plumes, il fait le beau.
Il aime être entendu et pousse son cri haut
En campagne comme en ville, il n’est qu’un corbeau.

Il parle parce qu’il sait, c’est un perroquet.
Il suffit que les bourses prennent un hoquet
Ou qu’elles soufflent s’exprimant dans un soupir,
L’oiseau s’exclame ou braille proclamant le pire.

C’est un animal fier de sa jolie plume
Et c’est souvent là que se découvre le hic
C’est un animal caché par des stylos bic.

Il s’enorgueillit de sa très haute culture,
Aime le sang qu’il prend pour de la confiture.
Dans la savane, il parait de mauvaise augure.


C’est l’ombre, puis humidités et parfums
Ce sont les douces chaleurs qui montent des bains.
Des bougies parfumées font, de l’escalier,
Un chemin de foi étrangement éclairé.

Dans les profondeurs, la nuit nous embrasse
Et la moiteur nous berce et l’eau nous délasse.
Nous nous abandonnons aux bains successifs
Le moindre mouvement devient excessif.

Petit à petit tout le corps semble gavé
D’un excès de pesanteur, de tranquillité.
Un dernier nuage de vapeur nous consomme,
Les massages, définitivement, assomment.

Le temps s’est arrêté, les heures évaporées.
Qu’importe puisque nul ne pense à remonter.
Parmi les nuages, nous croisons au hasard
Quelques émanations aux yeux hagards.

D’autres que nous errent dans la chaleur des flots
Sur le bord des piscines, les pieds dans l’eau.
Certains chuchotent d’autres comme pétrifiés
La face baissée, l’œil fixe, hypnotisé

Sont déjà partis ne semblant plus respirer.
Une seule baignoire est à présent désertée
Dans le recoin des thermes le plus étouffé.
Des marches à pas feutrés s’évanouissent

Dans un liquide cristallin où des iris
Se reflètent figées de sur le fronton peint.
Mon pied traverse le délicat dessin.
L’onde se froisse, une mâchoire se ferme

Mordant à pleine dent tout mon épiderme.
Tombant à la renverse c’est tout le corps
Qui se perce, qui se contracte et se révolte
La peau détendue maintenant raidi ses pores

Tout se réveille et les idées virevoltent,
Sortir, se réchauffer, traversant les bassins
Devenu brûlants d’inconfortables caresses,
Monter l’escalier et le niveau de stress.

La chaleur vite calme un pas qui ralentit.
La lumière apparaît et l’air frais aussi
Qui, emplissant les poumons redonne la vie.
La rue est là et la ville pleine d’envies.

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