Certaines nuits où s’allument les étoiles
Paraissent deux lumières inhabituelles,
Deux jumelles cachées par d’invisibles voiles.
Ces fées visitent souvent ma triste ruelle.
Un appareil silencieux et sombre les suit
Tel un délicieux fantôme hantant de leurs pas,
Quittant les ombres, doucement quittent la nuit
Approchant la lumière elle quitte le trépas.
Ce miracle est une renarde égarée
Qui, comme un paisible rêve, parcourt ma nuit.
Sa grâce nocturne est une belle apprêtée
Pour frôler sensuelle, ce songe qui fuit.
Elle fixe alors ses yeux à travers mon corps
Y découvrant mon rêve elle m’invite à la suivre
En tournant sa tête. Pour me jeter son sort,
Elle fixe ses montagnes dont on me prive.
Alors que j’avance elle recule, se dérobe,
Comme une séductrice je ne vois que sa robe
Glissant dans cette nuit tiède et humide.
Dans sa danse, se lève un museau timide.
Elle interroge chaque geste que je fais
Je la regarde guettant pour son plaisir
Son invitation pour m’abandonner ou fuir
Vers ses douces montagnes, ses profonds sommets.
Le jeu, alors que sa fourrure reluit
S’accélère vers la fin de la nuit.
La rosée commence doucement à perler
La renarde, avec le jour, songe à s’en aller.
Les lueurs de l’aube, péniblement m’éveille
Avec mon songe, la douce d’un clin de l’œil
S’évanouit avec les brumes de mon sommeil
Entourée d’un allo, elle passe mon seuil.
J’aimerais être certain de la retrouver
Demain sur la route des mes rêves étoilées.
Mais je ne dois rien chercher pour être sur
Qu’au soir, elle viendra doucement caresser
Le mur de mon sommeil et tendrement jouer
De sa fourrure fauve sous la bougie.
Ses yeux courront de nouveau sur moi se planter
Echauffant tous mes sens plus qu’un fer rougi.