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 Je pense parfois à cette petite chienne

Couleur de zinc, couleur de cendre

Qui me regardait, dents dehors, d’un regard tendre

Demandant une caresse avec sa patte sur la mienne.

 

Elle rasait le comptoir, comme le sol, courte sur patte,

Furetait sans fatigue, au hasard des hombres des piliers de bar

Pour une cacahuète, un geste, une attention, un regard.

Sans signe elle changeait, passait, presque avec hâte

 

A une autre cible, une autre victime, une autre main.

Une fois accroché, elle ne le lâchait plus et le rappelait

Sans cesse, à coup de pate, à coup de grappin.

 

Ses yeux alors prenaient de la  couleur et louchaient

Elle avait l’air vraiment parfaitement ridicule

Sa queue s’agitant, comme un mauvaise virgule.

J’ai souvent considéré mes semblables

Comme des poissons dans leur bocal

Faisant des petits tours, de petits ronds

Croyant être des requins profitables

 

Alors qu’ils couvaient à fond de calle

Leur trésor majestueux fait de plomb.

Que dire de leur océan fantastique

Elément de verre fait de plastique,

 

Que dire de leur brillante réflexion

Aussi profonde que leur horizon

Bouché, bercé de belles d’illusions.

 

Je me suis réveillé un matin de vide

Découvrant mon bocal et mes rides

L’eau me parut amère, sans fond.

Une pie sur le bord de la route

Picore des restes qui me dégoutent

Sa tête frénétique gigote.

A pied elle saute, elle trotte.

 

Sa robe blanche et noire est basique

C’est un oiseau neutre à tique

Sa tête se lève, se baisse hystérique

Dans un sac, pour un reste de pique-nique.

 

Elle regarde, elle épie et pique

Ce que d’autres ont laissé au déjeuné.

On pourrait croire qu’elle s’applique

 

A dépecer les restes quasi putréfiés,

Abandonnés en moins d’une journée

Par des touristes déscrupulés.

Je suis étendu, immobile, les yeux clos

Sur ce monde insensible, les bras le long

Du corps, j’aspire, allongé sur le dos

Au repos, comme coulé dans le plomb. 

 

Plus rien ne bouge, même mon esprit

S’est figé, le drap jeté sur moi

Est mon unique couverture, sans plis.

J’abandonne dans ce sommeil mes émois.  

 

Les rêves que je fais sont les miens.

Je les garderai au plus profond du cœur.

Ils seront , de ce sommeil le pain, 

 

De cette nouvelle vie absente de peurs.

Je dors du sommeil profond et éternel

Maintenant vous pouvez utiliser vos pelles.

 

Certaines nuits où s’allument les étoiles

Paraissent deux lumières inhabituelles,

Deux jumelles cachées par d’invisibles voiles.

Ces fées visitent souvent ma triste ruelle.

 

Un appareil silencieux et sombre les suit

Tel un délicieux fantôme hantant de leurs pas,

Quittant les ombres, doucement quittent la nuit

Approchant la lumière elle quitte le trépas.

 

Ce miracle est une renarde égarée

Qui, comme un paisible rêve, parcourt ma nuit.

Sa grâce nocturne est une belle apprêtée

Pour frôler sensuelle, ce songe qui fuit.

 

Elle fixe alors ses yeux à travers mon corps

Y découvrant mon rêve elle m’invite à la suivre

En tournant sa tête. Pour me jeter son sort,

Elle fixe ses montagnes dont on me prive.

 

Alors que j’avance elle recule, se dérobe,

Comme une séductrice je ne vois que sa robe

Glissant dans cette nuit tiède et humide.

Dans sa danse, se lève un museau timide.

 

Elle interroge chaque geste que je fais

Je la regarde guettant  pour son plaisir

Son invitation pour m’abandonner ou fuir

Vers ses douces montagnes, ses profonds sommets.

 

Le jeu, alors que sa fourrure reluit

S’accélère vers la fin de la nuit.

La rosée commence doucement à perler

La renarde, avec le jour, songe à s’en aller.

Les lueurs de l’aube, péniblement m’éveille

Avec mon songe, la douce d’un clin de l’œil

S’évanouit avec les brumes de mon sommeil

Entourée d’un allo, elle passe mon seuil.

J’aimerais être certain de la retrouver

Demain sur la route des mes rêves étoilées.

Mais je ne dois rien chercher pour être sur

Qu’au soir, elle viendra doucement caresser

 

Le mur de mon sommeil et tendrement jouer

De sa fourrure fauve sous la bougie.

Ses yeux courront de nouveau sur moi se planter

Echauffant tous mes sens plus qu’un fer rougi.

  

Elle est tracée par le destin, cette glissade.

Sur ce chemin sans fin, la vie en promenade

Tendrement nous pousse droit vers ce précipice.

Vers cette verte vallée, lentement, on glisse.

 

Au milieu coule, par de lumineux éclats,

Une rivière emplie par de merveilleux rêves.

La pente nous y pousse, mais on se débat.

La vallée nous attire vers une paisible grève

 

Où nous attendent, peut-être, nos chers disparus,

Les réponses à toutes ces questions, à nos vécus

Nos illusions et nos succès emplis de vanités.

 

Elle nous pousse vers toutes nos vérités

Que nous devons découvrir pour retrouver

Une autre douce pente, vers où glisser.

 

 

 

 

Voici une image floue comme je les aime. C'est un bateau essayant d'entrer dans le port de Matensa (Cuba). C'est la deuxième ville en taille de l'ile au sud ouest de la Havane.  C'est une notion d'impression qui me plais.

 

 

 

 

Dans le parc du Luxembourg, en hiver, les chaises sont regroupées et retournées. Elles deviennent alors un perchoir pour les oiseaux de Paris.  J'ai proposé cette photo au concours du magazine PHOTO. C'est peut-être elle qui avait retenu leur attention, l'espace d'un instant.

 

Je connaissais un jardin qui se parsemait de rosée

Aux premiers rayons de soleil éclatés.

Les grands arbres jetaient leur ombre noire

Sur l’herbe grisonnante reflétant la lumière

 

En une multitude de minuscules miroirs.

L’hiver, une légère brume caressait doucement

Ces perles de chapelet comme pendant la prière.

L’été, le vert clamait haut et ardemment

 

Face à la chaleur des jours sans vent,

Par l’attention du jardinier, la douceur du courant

Du maigre filet d’eau dans la rivière,

 

La fraiche tranquillité conservée.

A l’automne il se couvrait de doré

Qui, au printemps, devenait argenté.

Si les yeux sont la porte de l’âme

Le cœur en est la clé faite de charmes

Si l’âme est un roman, le regard sa couverture.

Le cœur est le sommaire quasi infini

 

D’une grande histoire faite de ratures.

J’ai contemplé un regard bouleversant

Tellement que m’ont cœur en fut ébloui.

Un regard de femme si enflammant,

 

J’ai cru trouver le plus merveilleux roman.

Mais les yeux sont parfois trompeurs

Et l’âme, parfois, un mauvais joueur.

 

Le roman n’était qu’une jolie fable

Trop courte pour devenir un bonheur

Des brouillons sur le coin d’une table

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