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J’aime le vent, le vent rageur

Celui qui souffle au fond des cœurs.

J’aime ce souffle, ce souffle chaud

Qui sculpte les dunes et ton dos.

 

J’aime les eaux, les chutes d’eaux

Qui gravent avec douceur ta peau

Et éclaboussent par ton sourire

Tes yeux, ta bouche et tes soupirs.

 

J’aime le feu et toute la chaleur

Qui grandit dans mon cœur

A chaque fois que mes yeux te voient

 

A chaque fois que j’entends ta voix.

Tous ces éléments ont fait naitre l’amour

Tous ont disparu, hélas, un jour.

J’aime Odéon

 

J’aime Odéon cette bouche aux milles surprises

J’aime ce métro qui souffle l’avenir et les espoirs

Des couples, des amitiés heureuses de se revoir.

Tout s’exprime par des sourires qui s’irisent

 

De rires, de baisés et de joie.

Comme chacun je fais les cents pas

Au pied du grand homme de la nation.

Je t’attends le sujet merveilleux de ma passion.

 

J’aime Odéon parce que je t’attends

Et que nous avons une nouvelle à annoncer.

Je suis heureux car notre amour s’étend

 

Et prend racine dans ce sol ensoleillé.

Mais un nuage est passé, s’est étendu

Au dessus de toi qui n’est pas venue.

 

-« Il est temps jeune. Le soleil est sur le point de se lever. Vous ne voulez pas manquer cela. Debout ! »

 

Rentlau fut surpris dans son sommeil. Il avait éprouvé quelques difficultés à s’endormir. La marche l’avait épuisé mais il était un peu déboussolé. C’était la première fois qu’il dormait en dehors de chez lui. En fait, s’était la première fois qu’il sortait du village, de sa maison et qu’il quittait sa mère pour plus de quelques heures. La pièce était encore sombre et, comme au moment de se coucher, une maigre flamme ondulait dans l’âtre comme une veilleuse. La vielle femme versait de l’eau chaude dans des tasses faites de bois. Il se frotta la tête, les yeux, bailla et jeta le drap de fibres végétales qui lui avait servit de couverture. Elle était fine et rêche mais elle lui avait tenu chaud et protégé de l’humidité. Il se leva et alla s’assoir à la même place que la veille.

Des feuilles dansaient dans le fond des tasses, l’eau prit une couleur sombre. Le goût était fumé, fruité un peu amer.

- « Je n’ai jamais bu une telle infusion qu’est-ce que c’est ? »

- « C’est une plante que je fait pousser un peu loin d’ici. Des amis me l’apportent régulièrement. Avec l’eau de l’arbre c’est un vrai délice. J’ai envie de l’appeler tshae. Qu’en penses-tu ? »

- « Pour quoi tshae ? Qu’est-ce que cela veut dire ? »

- « Pas grand-chose en vérité, pour le moment. Mais c’est le seul nom qui me restait. C’est la dernière plante que j’ai trouvée. Le problème est qu’elle ne peut pousser que dans certaines conditions qui sont difficiles à réunir ici. Dépêchons-nous nous risquons de manquer le spectacle »

Rentlau fini de boire sa tasse de tshae et de manger un amalgame étrange, sentant le grain des herbes hautes et fines qui deviennent jaune en été.

- « Et cela qu’est-ce que c’est ? »

- « Je fais cela à partir des graines au bout des herbes une fois jaunies par l’été. Je les réduis en poudre. Je mes de l’eau et du sel et un mélange de mon invention qui fait lever la pâte. Une fois assez haute, je cuis le tout au four. Je l’ai appelé pain parce que la première fois que j’ai essayé de faire lever la pâte il y a eu des bulles et cela à fait « pain ! » lorsqu’elles ont explosé ».

Ils sortirent de la maison. L’herbe du chemin et les fleures se trouvaient maculées de rosée. Une légère brume ondulait au dessus d’elles. Le cirque d’arbre délimitait l’espace entre ombre et lumière entre leur cime et le ciel.

Ils contournèrent les larges racines. Rentlau découvrit que derrière un espace impressionnant s’ouvrait sous le ciel encore étoilé. La cime des arbres séparait la voûte bleue nuit d’une masse noire en direction du sol. Plus bas encore, un amas semblant incroyablement grand mais imprécis, jonchait le sol. Le ciel s’éclaircissait peu à peu et laissait deviner des formes, des courbes, des enchevêtrements imprécis.

Un vol d’oiseaux perturba l’éclat des dernières étoiles, un parfum, humide et riche s’éleva du sol. La vieil femme pris la parole à mi voix. « Regarde, sens et écoute. La nature se réveille tu va voir et sentir ce que peux peuvent découvrir. » Le ciel déjà se paraissait d’une lueur bleu, du noir du sol renaissaient des verts. La nature doucement réveillait ses couleurs diurnes et frémissait, comme sous une caresse, à l’apparition de la lumière. Les sons, la vie du jour émergeaient. Devant les yeux de Rentlau, dos à l’arbre et au centre du cirque végétal le spectacle pris forme en musique.

Les premiers rayons de soleil soulignèrent la crête des arbres. Un vert profond et dentelé accueilli en frémissant sous la première brise cette toute première chaleur. Le rayon descendit doucement et révéla les troncs. Il toucha ce qui résidait au sol. Dans un premier temps de longues feuilles vert clair attrapèrent la lumière et semblèrent se dresser sous cette douceur. A sa droite Rentlau découvrit sous ce nouvel éclairage, ce qu’il n’avait pu voir quelques secondes auparavant. De grandes tiges vertes, des boutons de fleurs, des arbres et des arbustes occupaient l’espace. L’angle lumineux s’étendit vers sa gauche comme pour n’éclairer que le cirque de verdure au sol. Il pouvait deviner sa progression à vue d’œil. Alors que les premiers bourgeons éclairés commençaient à éclore, à sa droite les grands arbres résidaient encore dans l’ombre. Lorsque tout le sol fut illuminé, le jeune garçon découvrit le deuxième acte du spectacle. Le soleil à sa gauche et la lune disparaissant à sa droite achevaient le tableau. Les premières fleurs réveillées s’ouvraient pour recevoir cette manne du nouveau jour. Une bouffé de parfums s’élevait avec un jeu de couleurs incroyables à ses yeux. Des blancs, des jaunes, des rouges des bleus et des mélanges, toutes les couleurs de l’arc en ciel avaient pris place dans les fleurs, les feuilles et les fruits du grand jardin dont la taille se révélait. L’espace était immense, où que son regard se porta il découvrait un diapason inconnu de forme et d’harmonie. Les lucioles s’étaient couchées mais tout un monde diurne fêtait l’arrivée de le l’astre solaire. La brume et l’humidité disparu, les insectes multicolores prirent leur envole. Des papillons de tailles, de formes différentes jouaient dans les rayons lumineux. Des libellules, des scarabées, des oiseaux s’envolèrent ouvrant une voie vers le ciel au bleu devenu claire et limpide. Si le couple de la création légendaire, dont lui avait parlé sa mère, avait réellement existé, ils auraient vécu au milieu de ce jardin extraordinaire. Le sien lui parut d’un seul coup insignifiant, pauvre et sans intérêt. Le jeune homme resta bouche bé tous ses sens recevaient des messages encore incompréhensibles. Il se sentit perdu tellement les messages arrivaient de tout côté en touffe, sans ordre, avec une force jamais égalée. Son regard ne savait pus où se poser. Tout se mélangeait avec une presque violence. La vieille femme le saisit fortement par le bras et le tira de son hypnose.

- « Attention jeune homme, si vous plongez sans préparation dans cette richesse vous risquez de vous perdre. Laissez-moi vous guider et vous apprendre. Je vous avais aider à aborder les jeux de la nature et toute sa puissance, sa magie et surtout toute sa force d’amour créatrice. Ensuite vous pourrez agir avec elle. C’est un peu violent au premier regard mais une fois que vous connaitrez ses mystères, son fonctionnement, vous pourrez trouver l’harmonie qui sommeille en vous et surement répondre à la question que vous vous posez depuis si longtemps. Pourquoi des mains de cette couleur ? Vous comprendrez alors que la réponse ne réside pas dans les mains mais dans le cœur qui les anime. Allons nous promener vous les vous, je vais tout vous raconter.  »

Ils parcoururent les allées, s’arrêtant à presque chaque végétal inconnu du jeune homme. Ce parcourt leur pris la journée sans que l’un d’eux ne paru fatigué. L’ombre des premiers arbres déjà s’allongeait sur le sol. Ils arrivèrent au pied du grand arbre. Rentlau avait la tête chargée de nouvelles informations et de nouvelles idées. Il se sentit comme surexcité, envahit d’une nouvelle énergie et d’un potentiel de création insondable. Un tel potentiel le submergea. Son regard plongea à ses pieds. Il découvrit une chose qu’il n’avait jamais vue. Elle était rouge parsemée de grain à espace régulier. Sa forme était faite de courbe et ne dépassait pas la largeur de son pouce. Les feuilles de la plante étaient larges et des filaments verts unissaient l’ensemble.

- « Puis-je vous poser une dernière question et savoir ce que c’est que cela ? » demanda le jeune garçon.

- C’est un fruit. Je crois tout du moins. Je l’ai appelé fraise car lorsque l’on récolte plusieurs d’entre elles dans un même récipient, elles ressemblent aux braises de la cheminée. Je ne pouvais pas les appeler brais car elle ne son pas chaudes, ni piquantes. J’ai donc changé une lettre. Goûte, tu me diras ce que tu en pense. « 

Il cueillit au pied du très grand arbre la seule qui apparaissait non cachée par ses feuilles et qui était demeurée au soleil toute la journée. Son rouge était vif. L’équilibre de ce qui ressemblait à des pépins, mais à l’extérieur, représentait un parfait équilibre. Ses formes arrondies en forme de cœur offraient une promesse de douceur. L’harmonie de leur distance semblait exacte. Il la porta à son né dans un premier temps pour deviner ou appréhender le goût de cette découverte. Le parfum était léger et timidement sucré. Entre ses doigts il entait déjà la douceur dû à l’exposition aux rayons de soleil d’une journée entière. Il porta le fruit à sa bouche et planta ses dents. Immédiatement une bouffé de parfum et de douceur envahit sa bouche. Il mâcha doucement et senti son palais inondé de sucre tendre et de ce qui faisait la spécificité de ce végétal. Il fut submergé par lui en un instant. La chair déjà descendait dans sa gorge mais gardait toute sa puissance. La première partie du fruit révélait encore sa richesse alors que sa bouche était vide. Comme émergeant de son ventre il devinait la présence du fruit. Une deuxième bouffé acheva l’existence du fruit. Il plongea Rentlau dans une extase. Il n’avait jamais rien mangé de semblable. Qu’un fruit pusse avoir un tel pouvoir sur les sens le fit frémir, une telle force lui fit presque peur, il cru que plus aucun fruit ne pourrait avoir de saveur à ses yeux et surtout en son palais. Lorsqu’il rouvrit les yeux le soleil était couché et le froid et l’humidité gagnait jusqu’à travers ses vêtements.

- « Réveille toi, tu vas prendre racine. Ce fruit est particulier, le soleil à fait son œuvre mais nous devons penser à rentrer. « 

 

Rentlau se retourna vers la vieille femme tout encore étourdi puis plongea, étonné, son regard vers le jardin. Toute la magie des plantes, de la journée, avait disparu absorbée par les ombres de la nuit. Tout était immobile. Seules quelques lucioles animaient comme des étoiles filantes les formes imprécises, la dentèle des cimes noires du jardin. Le bleu nuit profond du ciel et ses étoiles répondaient immobile à ce frénétique balai.

Ils contournèrent avec précaution pour ne pas tomber les grandes racines et entrèrent dans la maison. Une petite flamme dansait encore dans la cheminée éclairant de façon aléatoire la petite pièce plongée dans les ténèbres La femme prit une tige de boit et la plongea dans cette danseuse erratique. La petite flamme qu’elle en sortit lui servit à allumer l’extrémité de deux tiges de cire blanche apportant d’autres points de vie dans la chaumière. Ils passèrent rapidement à table sous ces lueurs vibrantes au grès des courants d’airs. Un assemblage de végétaux, une nouvelle tranche de ce qu’elle avait appelé « pain » composa le principal du dîner. Ils échangèrent ensuite leurs avis sur cette journée, les découvertes et Rentlau reçu sans réserve aucune toutes les réponses à ses questions. La lune était déjà haute éclairant par des rayons blancs et froids l’intérieur proche des fenêtres. Son hôte invita le jeune visiteur à aller se coucher. Demain était prévu la marche du retour. Il lui faudrait avoir reconstitué ses réserves pour enregistrer les chemins, les codes et les mots destinés aux plantes du passage. Elle lui rappela que cela était essentiel s’il ne voulait pas déambuler pendant des jours sans trouver le chemin, voir se perdre sans espoir de retour.

- « Au delà de tout ce que nous avons vu et découvert aujourd’hui, il faut comprendre que la nature à un langage, des obligations et des règles auxquelles il ne faut pas déroger. La première est de la respecter comme ton égale. Pour cela il faut rester à l’écoute, observer et surtout ne pas hésiter à dialoguer. Il fait savoir que les plates ont un langage et chaque espèce possède son propre mode d’expression. Pour partir d’ici et revenir si besoin était je vais t’apprendre le minimum nécessaire. Pour le reste tu devras le découvrir par toi-même. C’est le meilleur moyen de découvrir et de comprendre les choses au plus profond. »

Ils partirent alors et Rentlau resta silencieux. Tout ce discourt lui paru un peu farfelu mais il voulait rentrer chez lui. Sa mère lui manquait, sa maison et surtout son jardin. C’était sa zone de confiance et le quitter aussi longtemps malgré les découvertes qu’il fit, l’absence, l’incitait à renter. Ils quittèrent l’arc de troncs, le vieil arbre et la magie du jardin pour l’ombre quasi nocturne de la forêt profonde. Très vite il perdit ses repères mais aidé de la vieille dame servait à chaque instant de fil d’Ariane. Quelques rayons perçaient la canopée apportant des reflets d’émeraudes et toute une déclinaison de verts. Au dessus le ciel devait être limpide, exsangue de nuages.

Le parcourt lui paru plus court qu’à l’allée. Très vite et malgré les discutions, les explications incessante de sa guide, la nuit végétale se fit douce clarté. De clarté à une lumière grandissante il retrouva ses espaces de découvertes, son terrain de jeu. La forêt s’ouvrit enfin face au village et à la maison de sa mère, à son « chez lui ». Il prit une grande bouffé d’air devenu lourde et sèche. L’humidité protégée par les cimes de feuilles avait disparu. Les champs s’ouvraient au soleil du début d’été. La veille dame resta dans l’ombre et lui tendit un sac.

 

-" Voici un sac contenant des graines de certaines plantes dont nous avons parlées. Si tu as bien retenu nos discours tu devrais pouvoir les faire grandir et naître. Une fois apprivoisées, tu auras libre court pour ton imagination et ta créativité. Mais attention, mêler des plantes s’est mélanger leurs qualités comme leurs défauts. Il en va de même à chaque rencontre que tu feras. A bientôt. Tu connais le chemin, viens quand il te plaira, mais n’oublie pas de te présenter à chaque fois que tu souhaiteras pénétrer la forêt. Elle te laissera ainsi passer. Les arbres parlent entre eux, maintenant tu le sais. "

-"Merci pour tout et surtout pour ces graines et tout ce que j’ai pu découvrir. Mon jardin va pouvoir grandir et devenir un point de rencontre. Merci ".

Sur ces mots le jeune garçon sorti complètement de la forêt, poussa la petite porte, jeta un regard sur son jardin et entra chez lui. Sa mère l’attendait avec une surprise. Un visiteur ou au plus juste, une personne inattendue dont leurs regards ne s’étaient pas croisés depuis longtemps. Elle avait grandit et lui aussi. Mais ces yeux lui parurent plus beaux que de ses souvenirs, encore plus mystérieux et profonds.

La petite chapelle

 

Dans la montagne, à flanc de coteaux

J’ai croisé le chemin, la course d’un ruisseau.

Plus haut, parmi les herbes hautes

Attendait sans bouger une chapelle

 

Perdue, seule, étonnante sans fidèles.

Une marmotte me servit d’hôte.

Le soleil de midi écrasait les monts

A l’ombre de l’autel j’entendais un sermon.

 

Cela commença par la cloche d’une vache

Un bucheron répondit avec sa hache.

Le sifflement de la marmotte interrompit

 

La dissipation causée par ce bruit.

Quittant son ombre l’aigle en balance

Entama le prêche du silence.

L’homme bic ou l’homme B.I.C : Chance fort Immédiat Buddy

      Business Inn Chance

 

 

 

 

 Au dix neuf ou vingtième siècle quelqu’un à dit « la femme est l’avenir de l’homme » comme si l’on avait eu le choix.

Ce qui n’avait été qu’une annonce avec la libération de la femme, pris toute son envergure un siècle plus tard. Le constat était évident. Alors que les hommes avaient décidé du sort du monde pendant plusieurs siècles, l’air de la femme était venu.

 

 

 

Elles occupaient toutes les fonctions les plus stratégiques, les plus importantes et l’homme était enfin relégué aux tâches les moins valorisantes. Le visage de la société en fut changé. Plus de douceur, de couleurs mais surtout plus de dureté, moins de pitié était les bases des valeurs modernes. Les femmes avaient dû lutter, être dures même entre elle et la compétition entre individus tenait plus du combat à mort que du match de foot. Pas d’échange de t-shirt à la fin du match, la vaincue était éjectée. L’ascension sociale était la seule inspiration et aspiration de notre société. Vaincre plutôt que perdre car perdre était un retour à la case départ. Il était facile et surtout rassurant de penser que le propre de la femme était la douceur et la sensibilité. Elles n’avaient retenu de la domination des hommes que l’esprit de compétition comme la mise à mort du taureau. Seules les plus fortes nerveusement, les plus créatives voir les plus vicieuses avaient une chance. L’intelligence était le bouclier, l’ambition l’épée. Les hommes étaient perdus, renvoyés à leurs propres faiblesses où seuls ceux qui ayant réussi à comprendre leur fonctionnement avaient une chance de survie. Quelques uns avaient réussi au milieu de ce combat à se maintenir au dessus de la masse, ils étaient devenu non seulement des tueurs, des machines capables de créer des empires mais avaient oublié jusqu’à leur part de féminité. Plus aucun compromis dans leur esprit, l’instinct de survie était le plus fort. Ils vivaient au dessus des autres refusant leur appartenance au clan d’en face, au clan des hommes et possédaient toutes les compétences du meilleur des politiciens.

En 2000 il y avait quatre femmes pour un homme. Moins de cinquante ans plus tard la proportion était passée de une pour dix. Nous avions nous même creusé notre destinée. Les guerres n’avaient pas cessées et seuls les hommes étaient en première ligne. Nous nous décimions tranquillement alors qu’elles nous encourageaient au nom de l’admiration et du devoir. Au fur et à mesure les postes de commandement furent également pris par les femmes. En 2004 il n’y avait que quatre femmes générale aujourd’hui il ne restait que 4 hommes. Les ministres, les PDG tous avaient cédés en grande partie leur siège aux femmes. Alors que pendant des siècles elles nous avaient admirés, estimés, parfois aimés, la seule utilité de la gente masculine sembla se résoudre désormais uniquement au rôle de reproducteur et de bras pour les travaux nécessitants du muscle.

Les naissances se sont trouvées grandement mises en danger par cette quête quasi compulsive. Les femmes devaient faire entrer dans leur planning, et ce, de façon stratégique leur désir de grossesse. Il fallait ensuite tenir suffisamment pour ne pas être absente trop longtemps. S’inspirant du moyen âge, l’allaitement est confié à d’autres dont les compétences nécessaires pour participer à la lutte pour la réussite uniquement professionnelle étaient insuffisantes. Les seuls vacances que certaines s’autorisaient étaient donc ce congé de deux jours pour maladie naturelle. Elles calculaient de toute façon pour que ce grand évènement se passa un week-end. Si besoin était elles déclenchaient les contractions le vendredi soir. Une solution alternative fut étudiée : l’utérus artificiel. Génétiquement l’enfant était défini dès la conception : sexe, aspects physiques et mentaux. Mais il sembla manquer quelque chose pour véritablement en faire des êtres humains. Leur relations aux autres, avec le temps, ne les intéressaient pas. Ils finirent tous par devenir ermites.

Bref, elles qui avaient pendant tant de temps milités pour l’égalité des sexes faisaient machine arrière pour se venger de l’homme. L’air de la femme était installé et promettait de durer.

Il n’y avait pas que des désavantages. Leur habitude du militantisme, de l’action par rapport à une idée leur avait permis de pousser les concepts écologiques jusqu’à leur réalisation. De ce fait, une belle avancée, notamment dans la recherche d’énergies propres fut une belle réussite. Cela de toute façon devenait une évidence, il n’y avait plus de pétrole. Les pays de l’OPEP s’écroulaient lentement mais surement. Certains gardaient néanmoins la tête hors de l’eau. Nous avions la Suisse en Europe, on trouvait aujourd’hui cinq ou six pays équivalents au moyen orient. C’était également en leur sein que la place de l’homme conservait un semblant de dignité. Certains européens préfèrent donc immigrer et demander presque l’asile politique. Une partie d’entre eux accepta même de changer de religion. Le flux migratoire, dans quelques uns de ces pays s’était tellement inversé que les gouvernements fermaient régulièrement leur frontière, développaient des programmes d’intégration pour ne capter que les personnes valables. Ils devaient donc gérer les pressions extérieures mais aussi intérieures. Leurs femmes réclamant également les mêmes droits que leurs sœurs étrangères. La résistance féminine était présente et parfois financé par des pays de l’hémisphère nord. C’étaient les seules zones où le conflit des sexes prit à certaines occasions un aspect violent voir sanglant.

 

 

 

La science a avancé en partie grâce à leur concurrence acharnée. Un nouveau service pour les puissantes était né. Certains hommes avaient compris que si l’on ne peut se mesurer à son ennemi il faut le contourner, utiliser ses faiblesse. Un moment ou l’autre elles ont besoin de compagnie. Pour une nuit, pour un week-end peu leur importait. Ces gigolos étaient jeunes et généralement beaux. Comme certaines femmes l’avaient fait à une époque ceux-ci cherchaient à se faire entretenir. La solution fut de courte durée. Pourquoi payer pour quelqu’un que l’on ne voit que de temps en temps ? Certaines apportèrent la solution. Elle s’appelait B.I.C.. Ces hommes étaient conçus pour un temps limité par la science du génome humain. Nous pouvions alors unir des cellules pour un laps de temps plus ou moins long. Le maximum était en fait de 48 heures. Il suffisait pour ces femmes de déterminer les attentes physiques et mentales de ces compagnons du moment. La machine faisait le reste. Le produit était alors livré en toute discrétion au lieu souhaité. Au bout du temps défini l’homme BIC s’évaporait. La molécule de base était l’eau. Un clin d’œil sur ce qu’elles pensaient de l’homme ou de ce que nous avions dans la boîte crânienne.

 

 

 

L’appartement en face du mien avait été occupé pendant un temps par une de ces femmes affairistes. Son prénom était Alexia. D’un physique plutôt menue, cette personnalité discrète paraissait craindre les autres - Plus exactement tous les autres. A son arrivée, ses cheveux étaient blonds, longs et bouclés. Son regard clair et craintif était en harmonie avec sa peau, pale. Elle dégageait néanmoins une certaine sérénité. Comme un fantôme circulant dans les couloirs, elle se déplaçait sans bruit. Tout était contrôlé. Son manque d’assurance ou de confiance en soit en devenait plus marquant et inscrit dans chacune des parties de sa personnalité. Elle ne se perdait pas en parole, ses phrases étaient courtes, précises et mesurées. Il me fallu beaucoup de temps pour l’apprivoiser, la voir se détendre lors de nos rencontres impromptues aux abords de la porte d’ascenseur. Une seule fois en 4 ans, je pu pénétrer en face, dans un appartement de femme active et, apparemment dynamique en phase de réussite. Il n’y avait que quelques meubles préfabriqués, de ces meubles que l’on livre en kit. L’installation ne reflétait pas une recherche d’esthétisme ni une marque personnelle. Elle témoignait simplement d’une recherche du sens pratique, juste aller à l’essentiel. L’entrevue fut courtoise, court et fragile. Je dis fragile parce que je l’avais senti mal à l’aise. Je ne me suis pas éternisé et lui avait proposé de passer chez moi à l’occasion. Elle ne répondit pas vraiment. Ce fut juste un hochement de tête.

Quelques jours plus tard, elle arriva les cheveux coupés au dessus des épaules. Elle avait tenté cette expérience sur les conseils d’une amie. Etait-ce un piège pour achever de la déstabiliser ? Elle avait mis beaucoup de temps à s’adapter à sa nouvelle personnalité. Je cru d’ailleurs qu’elle avait accepté ce défis pour se bouger de ses propres interdictions. Elle gagna un peu plus en confiance. Un mois ou deux plus tard, alors que je revenais de quelques courses, elle paru sur le pallier, grise, terne. Elle ne voulu pas parlé de ce qui c’était passé, de ce qui avait changé. Quelques jours plus tard, un camion se gara en bas. Ils emballèrent ses affaires. Elle disparu pour toujours. Je fis suivre ses dernières lettres à une poste restante.

 

 

 

Elle fut remplacée par une autre jeune femme presqu’immédiatement prénommée Thaliae. Elle prit les clés le soir du départ d’Alexia et s’installa le lendemain. Digne représente de son sexe elle avait fait de brillantes études, passé les concours et certainement quelques coups tordus. Deux ans plus tard elle aussi s’écroula et n’espéra qu’une chose, disparaître. Pourquoi me dire-vous ou à cause de quoi. Je vous répondrais simplement à cause d’elle, de sa nature et de la nature humaine. L’être est né pour aimer, ressentir des sentiments et surtout les exprimer sincèrement. Nommée à un poste de direction très jeune, trop peut-être, elle s’était sentie en sécurité, intouchable avec un avenir pouvant lui apporter la fortune. Son caractère déterminé voir hargneux lui garantissait une carrière plus que correct. Elle n’était pas de celles qui font des cadeaux, je pense même qu’elle était capable plus de manier le bâton que la rose.

 

 

 

Elle était relativement mais bien proportionnée. Sa plastique trahissait une certaine robustesse sous des courbes et un charme fou. Son regard surtout était le plus impressionnant. Par ses yeux bleus clairs et des sourcils bien dessinés, toute personne qu’elle regardait, se sentait devenir exceptionnel. Il n’y avait plus alors sous ce regard que deux personnes : vous et Thaliae. Elle savait en jouer d’ailleurs, passant d’un regard de femme à celui d’une enfant, d’un œil amusé, charmeur à celui d’un froid digne de l’Antarctique. J’en imagine plus d’un qui eurent droit à toute la panoplie, dans le plus mauvais ordre. Elle ne savait aller que du meilleur, du plus beau vers le plus dur, le plus laid.

Elle était particulièrement enjouée voir d’un caractère joueur. Fredonnant sans cesse quelques airs, quelques chansons. Elle exprimait ainsi son goût de la vie. Malheureusement pas celui de la musique car la plus part du temps sa voix partait trop dans les aigus et devenait fausse. Très coquette, elle ne dépensait pas, néanmoins, toute sa formidable paie dans les vêtements. Elle avait l’œil suffisamment expert pour dénicher dans les endroits inattendus, le bon vêtement, le bon accessoire. Tous pouvaient la penser vêtue de grandes marques mais il n’en était rien. Un article avec un prix à deux chiffres trop coûteux. C’était sa seule obsession, cela et ses ongles. Son grand rendez-vous, son moment de joie culminant, résidait dans l’instant où elle se préparait pour le salon, le roi de l’ongle artificiel. Toujours bien mise donc jusqu’au bout des doigts, la seule excentricité qu’elle se permettait était ses cheveux. Noirs et fin, ils étaient courts et coiffés en pagaille avec force gel. Là encore cet apparent désordre était intégralement calculé, contrôlé.

Le temps m’a appris que les extrêmes révèlent souvent plus qu’ils ne cachent. Celui qui sait les voir peut percer plus facilement que d’autres, découvrir les points faibles et la véritable personnalité. Sa force cachait en fait une grande fragilité. Son talon d’Achille résidait dans sa nature même, ses sentiments et sa volonté farouche de plaire. Elle séduisait donc tout le monde usant de toute sa panoplie d’artifices. Elle manipulait les autres par leurs affectes. Lorsqu’ils devenaient trop proches ou qu’elle-même devait s’engager sentimentalement au risque de perdre le contrôle, elle faisait demi-tour. Trouvant toutes les raisons possibles, déplacements, travail et j’en passe. L’autre finissait par se lasser. La période de conflits s’installait et tout finissait par exploser.

Il fallait être un minimum vigilent ou psychologue pour ne pas tomber dans ses pièges. Mais on trouve toujours son maître ainsi va la vie et sa roue. Celui-ci arriva dans la solution qu’elle avait trouvée pour y échapper. Elle ne pouvait rester seule, il lui fallait sa cours, ses admirateurs, ses victimes. Les hommes BIC étaient au final le meilleur moyen qu’elle trouva. Elle pensa conserver une bonne conscience. Ils ne pouvaient pas souffrir puisqu’ils ne vivaient qu’un temps restreint. Elle ne pouvait pas tomber dans les pièges de l’amour puisqu’elle savait que le lendemain ils disparaissaient. Elle passerait un bon moment assouvissant ses frustrations, ses angoisses cachées sans avoir à les assumer. Ce serait un acte sans lendemain ni risques d’engagement.

 

 

 

Nous ne nous croisâmes que de rares fois la première année sur le pallier. Elle avait pris la décision de mettre tout son courage et son énergie à s’intégrer tant dans sa société que dans cette nouvelle vie. Elle partait régulièrement en voyage ou revenait tard. Lorsque cela lui était possible elle sortait pour montrer son côté dynamique, faire des rencontres, imposer sa présence comme le mètre étalon de ce qu’il fallait faire et être. Elle perdit quelques kilos cette première année. Ces yeux se creusèrent un peu mais l’art des apparences et le maquillage effaçaient ces légers moments de faiblesses. Elle tenait à montrer à tous sa solidité. Cela fonctionna elle eu rapidement une promotion. Non seulement ils chargeaient la mule mais en plus la mule en redemandait. Elle prit véritablement le visage des femmes de ce temps. Elle sélectionnait de plus en plus les personnes de son entourage, méprisant l’erreur, la faiblesse et le manque d’originalité. Tout ce qui valait à ces yeux d’être considéré était conservé, voir élevé. Le reste se retrouvait rejeté parfois même avec une grande violence.

La deuxième année se terminant elle avait fait son trou et creusé d’autres, où certains surement étaient enterrés. Les victimes de sa soif de séduction, d’ascension sociale avait dû faire des victimes qui, probablement erraient dans les rues, dans leur travail ou leur appartement en essayant de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Elle avait le don de vous emmener sur un terrain, le sien, que tous crurent solide. Lorsqu’ils se détendaient, ils étaient pris au piège. Le sol se dérobait, elle en fait, et tout s’écroulait. Elle préférait sans doute frapper la première au lieu de risquer d’être victime du sort ou de la vie. C’est à ce moment de presque stabilité dans sa vie qu’elle s’adressa pour la première fois à la compagnie des BIC.

 

 

 

J’imagine très bien ce qui se passa. Elle hésita un moment, cherchant des informations sur internet calculant les risques, les fonctionnements et la meilleure adresse. Elle dû se renseigner discrètement auprès de personnes ayant avouées avoir fait appel à ce type de service. Elle prit rendez-vous annonçant sa fonction et ses moyens, puis le dimanche matin suivant se lança. Elle sortie de la tour un peu plus discrètement que d’habitude, s’engagea dans la rue puis dans le métro, encore désert à cet heure. Un peu plus tard elle monta les escaliers la livrant à l’air libre et surtout à la lumière printanière. Une brise lui caressa la joue, et un rayon de soleil lui fit mettre ses lunettes. Elle prit une grande bouffée d’oxygène et se dirigea vers l’entrée d’un grand immeuble en verre. Il faisait parti d’un ensemble de trois tours placées en forme de triangle. On pouvait deviner au milieu d’eux un jardin presqu’un parc. Des branches et quelques roseaux dépassaient. Elle s’arrêta un instant, leva les yeux vers le logo de la société puis poussa la porte à battant. A la réception les hôtes d’accueil encostumés aux couleurs de la charte de la société lui lancèrent un sourire discret en même temps qu’un bonjour. Je suis Thaliae j’ai un rendez vous avec Mme Borsa. Dit-elle relativement froidement.

- Tout à fait, vous pouvez prendre l’ascenseur 2. Son bureau se trouve au 18ème étage, elle vous accueillera à votre arrivée. Bonne journée mademoiselle.

- Merci. Répondit-elle d’un ton direct

 

 

 

Thaliae se dirigea vers le couloir 2, déclencha l’appel de l’ascenseur qui s’ouvrit presque aussitôt. La cabine était déserte ce qui lui permit de se détendre un peu et de chasser son appréhension. Elle vérifia sa tenue dans le miroir et se retourna à l’ouverture des portes. Mme Borsa l’attendait avec un grand sourire. C’était une femme qui fut certainement très belle. Les années, les nuits blanches de travail avaient commencé à marquer son visage et plus particulièrement autour des yeux. Son tailleur gris claire avec un liserait bleu répondait à l’harmonie de ces yeux.

 

 

 

- Bonjour Melle Thaliae je suis, Mme Borsa, la directrice adjointe. Je m’occuperai personnellement de votre dossier. Soyez la bienvenue. Vous n’avez pas eu trop de soucis pour trouver nos locaux ?

- Bonjour, non je connais bien l’endroit

- Je vous propose de me suivre dans mon bureau, nous y serons plus tranquilles pour discuter de vos attentes que dans les salles habituelles. Souhaitez-vous boire quelque chose ?

- Un thé je veux bien

Borsa s’adressa à un homme au fond du couloir. Bob Apportez nous deux thés.

 

 

 

 

 

 

Son bureau possédait de grandes vitres qui, étant placées dans un coin de l’immeuble permettaient non seulement un éclairage naturel confortable, mais surtout une vue intéressante de la ville. Le mobilier et la décoration dans son ensemble marquait un certain raffinement et surtout un esprit moderne. Aller au plus simple au fonctionnel, limiter le surplus, l’inutile était la tendance et surtout l’esprit général de notre époque. Donc un bureau, un fauteuil malgré tout confortable, deux plus petit de l’autre côté pour accueillir collaborateurs ou clients composaient l’essentiel du mobilier dédier au travail. La table correspondait en tout point aux attentes pour ce type d’endroit et avait inondé les directions de presque tous les bureaux de direction. Le plateau était en verre. Un clavier tactile y était incrusté. Un bouton déclenchait son inclinaison pour le transformer en tableau en cas de réunion. Le reste de la surface était un vaste écran. Le lancement de l’ordinateur se faisait par la pression du pouce à un coin de la table. L’emprunte était la seule clé. Un des pieds pouvait recevoir des clés de type USB du début du siècle mais plusieurs centaines de fois plus puissante. Les autres pieds servaient d’enceinte ou d’antenne. Dans le bâtiment, quelque part, un ordinateur central suffisait pour pouvoir gérer le travail de centaines de personnes en simultané. De ce fait, plus de véritable PC, tout était centralisé. Cela avait un mérite pour les diverses directions générales, ce qui était fait dans les bureaux, restait dans les bureaux. Plus moyen d’utiliser l’ordinateur pour son intérêt personnel, tout était contrôlé.

Le reste du bureau était occupé par deux canapés et une table basse. Placés en L face au bureau, ils permettaient tout en discutant d’admirer la vue. La table basse était elle aussi fonctionnelle, et en verre, mais ne permettait de ne recevoir que les appels téléphoniques ou plus exactement visiophoniques. Pas de tiroirs, pas de rangement, depuis près de dix ans personne dans les bureaux n’avaient touché de papier. Tout étant informatisé, sauvegardé l’utilisation du papier était devenu obsolète. Les moyens de communication moderne avaient permis de protéger les forêts.

Les deux femmes prirent chacune possession d’un place, chacune dans un canapé. Bob entra, salua Thaliae, lui tendit un tasse ainsi qu’un assortiment de sachets de thé et un petit bol contenant différents types de sucre. Se retournant vers sa directrice il lui tendit le même service avec en plus du lait. Mme Borsa le remercia d’un ton plus que sérieux et le pria de les laisser. Pour mettre sa nouvelle cliente à l’aise elle entama la discussion sur des banalités presque sérieuses : travail, responsabilités, style de vie, vision de son avenir.

 

 

 

- Alors dites moi pourquoi êtes vous ici, que venez vous chercher et surtout trouver. Que puis-je faire pour vous.

- Une amie m’a parlé du type de service que vous procurez. Je ne cherche pas une relation durable. Je n’ai pas le temps de m’encombrer avec cela. Je cherche simplement à passer de bons moments avec quelqu’un qui pourrait me ressembler, tout du moins, dans le caractère. Je ne pense pas forcément aux relations sexuelles, simplement à une échappatoire aux relations purement professionnelles.

- Vous êtes visiblement comme la plus part de nos clientes. Rassurez vous cela concorde en tout point avec notre raison d’être. Savez-vous comment cela se passe ?

- non pas vraiment.

- C’est relativement simple. Nous allons prendre une mèche de vos cheveux. Le nombre vous appartient et de lui dépend le nombre de créations que nous pourrons faire. Ce nombre est important car comme vos cheveux poussent en permanence la caractéristique de ce que nous allons créer en dépend. Ensuite nous ferons un léger prélèvement de sang. Celui-ci dépend du nombre de cheveux que vous souhaiterez nous confier. Ceci nous permet de déterminer un nombre, ensemble d’homme BIC, que nous pourrons réaliser. Pas un de plus. Il vous faudra revenir si vous souhaitez continuer mais ils ne ressembleront pas exactement à ceux du premier prélèvement. Sachez, si cela peut vous rassurer que vous ne pourrez pas tomber enceinte si vous décider d’aller plus loin de le rapport avec ce presque homme. Rappelez-vous que nous les créerons en fonction de vos attentes. Cela sous entend que nous vous ferons passer un questionnaire. Répondez en toute tranquillité. Plus vous serez précise, relâchée, plus ce que nous créerons correspondra à vos attentes. Comme vous le constaterez c’est très simple. Je vous propose de vous laisser seule un moment, j’ai une affaire urgente à régler, ce la vous permettra de réfléchir.

- Très bien à tout de suite.

Barso disparu laissant la jeune femme à ses pensées. Comment être certaine de la confidentialité des testes. Comment être certain de ce qu’elle souhaita ? Tout cela devait s’enchainer dans sa tête. Mélange d’angoisse et de détermination poussé par le fait que d’autres en pleine ascension avaient déjà fait appel à ce service. C’était d’une certaine façon une marque supplémentaire de réussite et de croissance, elle ne pu reculer.

- Bien, alors que pensez-vous de tout cela, nous continuons ?

- Oui, je ne suis pas venu pour rien et j’apprécierai de pouvoir faire vite, je dois travaille cet après midi.

- Pas de problème, je vais appeler ma collègue Céline qui vous prendra en charge. Je vous demanderai simplement de remplir certains papiers avant et de régler l’acompte.

- Pas de problème. Voici le chèque. Laissez-moi simplement le temps de lire les documents et je les signe.

- Un dernier détail. Il vous faut définir le nombre de réplique que vous souhaitez voir développer. Comme vous le verrez en page 18 de la procédure, nous prélèverons un certains nombre de cheveux, quelques larmes et un peu de peau. Rassurerez vous c’est complètement indolore. En fonction du nombre de cheveux nous ne ferons qu’un nombre déterminé d’homme BIC. Réfléchissez bien.

 

 

 

 

 

 

Mes amours

 

Mes amours sont comme le service militaire

Je passe avec succès les fameux 3 jours.

J’ai ma convocation pour un roman d’amour

J’ai même reçu des feuilles de route par les aires.

 

Ma seule affectation est celle des réformés.

A chaque fois je suis démobilisé.

Mes amours sont comme un régiment

Qui a réussi tous les entrainements.

 

Paré pour le combat il attend le moment

De prouver la valeur de son engagement.

Un fois sur le terrain les soldats sont seuls

La plaine est déserte jonchée de linceuls

 

Vides, posés à même la terre en pagaille

En guise de manœuvre c’est de la manipulation

Le régiment attend alors sa démobilisation.

Mes amours sont des soldats de paille.

 

Trop peu nombreux pour former une armée

Leur seule mission est de protéger un champ,

Petit, de quelques mètres à peine carrés.

Où ne pousse que des champignons, rarement

 

Mes amours ne connaissent des conflits ridicules

Que l’infirmerie et les tables d’opérations

Et ses courriers ne sont que points et virgules

Mon cœur est un soldat battu par les passions.

L’espoir c’est un truc vraiment bien accroché

Une espèce de boîte qui reste quand tout s’est crashé.

Lorsque tout va bien il prend le soleil et se recharge

A la première galère il est au milieu de ta décharge.

Moulin ou phare c’est le gros truc en béton

Que tu penses solide même fasse aux canons.

C’est là que tu te trompes, un jour il se fissure

Même pour une pichenette prise en pleine figure.

T’entends comme un craquement, un peu vers le bas

Tu vois un nuage poussiéreux venir tout droit vers toi.

Il y avait encore un peu de lumière, c’est devenu tout noir

Tu regardes, tu cherches, mais sans vraiment y croire.

C’est l’amas de ce qu'il y avait, de toutes tes blessures

L’ensemble des douleurs s’imposent sans procédures.

Il avait fait son travail mais le barrage à rompu

Le désespoir arrive, il a tout corrompu.

 

Tu tâtonnes, tu cherches, tu étouffes

Tu penses même devenir, un jour complètement ouf.

Tu scrutes ton paysage devenu un grand désert

Toi qui l’avais imaginé tellement rempli et vert.

Quel que soit le sens, tu veux revenir en arrière

Pour comprendre la raison de toute cette galère.

Comment t’as fait, même en le voyant venir,

Pour te retrouver perdu à court d’un avenir.

 

Si tu as de la chance c’est plat avec des cailloux

Tu essaies d’avancer même en restant à genoux.

Si t’en as pas, tu sens comme un malaise

Tu te retrouves au bord d’une immense falaise.

Dans le meilleur des cas tu es tout en bas

Tu fais demi-tour pour retourner sur tes pas.

Si c’est vraiment la poisse, tu es tout en haut,

Souhaitant que ce ne soit pas devenu un plateau.

Les yeux vont au fond et tu penses au coyote

Tu ris nerveusement, pour cette idée idiote :

Lui se relève même d’un trou dans le béton

Pour toi ce sera fini et ce pour de bon.

Si les voitures volaient les avions seraient inutiles

Mais les hérissons seraient beaucoup plus tranquilles.

En volant plus haut le paysage serait plus rond

Pour les piétons il n’y aurait toujours que du gazon.

 

Et que dire du ciel, de ces nouveaux papillons

Qui traceraient des lignes comme on trace des sillions.

En final à quoi cela pourrait-il bien servir

En passant du mal au bien, ce serait bien plus pire.

 

Parce qu’au final que retient l’espèce humaine

C’est de surfer entre de l’amour et pas mal de haine.

Alors c’est tant pis, et si tout cela s’améliore

Il faudrait un magicien et c’est surtout pas Melchior.

 

Alors dommage pour tous ces hérissons

Ils couvriront encore un sacré paquet de béton.

Que dire de l’homme et de son horizon

Vertical horizontal ce sera toujours pareil

 

Il lui faut pour vivre un sacré tas d’appareils.

Mais à quoi sert le bonheur sans le partager

C’est comme fertiliser le vide dans un potager.

Tomates, cerises, patates ou rutabaga

 

C’est pas avec cela qu’il fera tout son plat.

Il faut pour cela que les choses aient du goût

Et les femmes se barrent au premier dégoût.

J’ai vécu la même chose sans le vouloir

 

C’était plus fort que moi, j’étais dans un couloir.

Trop fier pour reculer, j’ai préférer avancer

Comme tout autre j’ai préférer foncer

Et comme un con je me suis planté

 

Chacun est pareil et personne ne fait la différence

Entre le devoir, l’amour ; la haine j’ai foncé

J’aime la musique mais pas la danse

Et au final je me suis largement planté.

C’est pas pour des enfants

 

J’avais pensé qu’en te changeant les idées

Tu aurais pu rallumer ce qui t’avais enflammé,

Qu’il aurait compris ce qu’était une femme

Il aurait luté pour conserver tes charmes. 

 

Et aujourd’hui tu ne penses qu’à t’échapper.

J’avais pensé qu’en vous aidant tous les deux

Vous auriez vu ce qui me crevait les yeux.

Fasse à l’adversité un couple reste toujours soudé. 

 

Lorsqu’il se déchire c’est comme deux pays en guerre

Le pire est toujours pour ceux qu’on laisse derrière.

Et je ne parle pas de ceux qui sont à côté,

Ils se découvrent toujours les plus écartelés. 

 

Ce n’est pas qu’ils manquent de souplesse

C’est surtout que tout cela les blesse.

Il faut alors bien penser avant de se séparer

Il faut s’assurer que tout fut essayer. 

 

Pour les autres lorsque l’on parle de divorce

On touche plus que la surface ou l’écorce

Couper une branche c’est pas un tour de force

Mais c’est con quand on confond avec le tronc. 

 

On sait qu’en automne y’aura pas de feuilles

Mais tout le monde en portera le deuil

Et cet été où seront l’ombre et la fraicheur

La peau des enfants aura une drôle de couleur 

 

Et le rouge ne va qu’à côté du cœur.

Il ne va pas sur leur visage surtout s’ils sont verts

Parce qu’on coupé leur arbre à la fin de l’hiver

On peut en replanter un qui leur fera peur. 

 

Ce n’est pas celui qu’ils avaient au fond du cœur.

Et j’te parle pas de leurs pleurs et de leurs yeux

En disant« Dis maman c’est qui ce monsieur ? »

« Dis Papa pourquoi t’es pas deux ?»

Le sang d’un dieu 

 

Les fils de Bacchus ont conservé le secret

De ce sang nourricier, troubadour en leur palais.

Il chante à leur esprit, nageant dans les limbes

Sur le doux souffle de sa flute, guilleret. 

 

Ils flottent au milieu des flots chaleureux

Comme un dauphin près des îles, saoul mais heureux,

C’est une troupe de voltigeurs des hauts fonds

Qui ne se découvrent que lorsqu’ils sont ronds. 

 

Ce sang divin se trouve dans mon verre

Ce troubadour céleste c’est le vin.

J’aime son chant qui raconte la terre 

 

J’aime sa musique calme, chaude en son sein

Décrivant les labeurs des mystérieux lutins

Qui l’on créé, secrètement un frais matin.

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