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Mardi 5 septembre 2006

Ils deviennent une horde presque sauvage

S’entassant au feu rouge de la cité.

Chaque jour leur nombre est augmenté

Circulant partout dans le paysage.

 

Sur leur fier destrier, les cheveux au vent,

Ils s’enivrent de vitesse, goût de liberté

Ultime sur l’étroitesse des routes illuminées.

Lorsque l’air, dans le casque s’engouffrant,

 

Siffle, vibre et prend vie, l’homme sourit.

Il a l’impression, enfin, de s’envoler.

Plus besoin de fer pour rester accrocher

 

Au sol mais de la simple gomme leur suffit.

Ils se dépêchent comme s’ils étaient en retard

Que peut bien presser ces bandes de motards ?

par Anderson publié dans : Poésie
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Lundi 28 août 2006

C’est au fond du parc où se trouve mon ile.

Quelques roseaux et trois arbres inondent

A eux seul le sol où pousse le persil

Pour nourrir les lapins qui y abondent.

 

De part et d’autre deux bras de rivière

Encadrent de tranquillité mon anse de repos

Parfois une mésange chante de la clairière

Qui s’étend loin au-delà des routes d’eau.

 

Un héron parfois occupe le petit espace

Cherchant l’ablette et les discrets gougeons

Dans le plus haut arbre niche un rapace

 

Ses petits naitront avec les verts bourgeons.

Je visitais ce petit bout d’ile il y a longtemps

Certains jours cherchant la solitude un moment.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 15 août 2006

La crête des montagnes attrape les nuages.

Leur course freinée diminue le paysage.

Le ciel se couvre et la roche devenant sombre

Attire l’orage, secoue les cimes et cache leur ombre.


Les grands arbres s’animent, leur vert en noir

Est une armée prête pour un combat dérisoire.

Repousser l’assaut de ce voile pour que le blanc

Renaisse du gris et libère le bleu avant la nuit.


Ces grands bras tirant vers la roche en rang,

Captent parfois l’amas de coton désuni.

Ils étirent alors en cheveux doux et diaphanes

Le spectral nuage d’où geint la froide pluie.


Partout le ciel en défense jette ces lianes

Translucides, formant ruisseaux et torrents.

Ils cherchent à déraciner tous ces combattants

En jetant la montagne dans lacs et océans.


L’écho témoigne de la bataille, jetant

Dans la vallée l’éclaire et le ciel tonne.

Les nuages du noir au gris frissonnent.

Le vent en courroux disperse les victimes


Les feuilles virevoltent du lac aux cimes.

Là bas un premier rayon de soleil transperce

Le plafond, encourageant les arbres qui se dressent

Au bord de l’eau et l’encre devient mercure.


Bientôt les percés se feront légion et la falaise

Laissera passer la cavalcade de plume à son aise.

Bientôt le ciel se couvrira d’un bleu presque pur.

Le soleil le teindra de mauve et de rouge flamboyant.


Leurs bords se couvriront d’un fil doré

Les cimes, les roches d’une lueur douce rosée.

J’imagine une biche au regard apaisé

Plonger son regard dans le bleu du lac argenté.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 15 août 2006

Les gares ne sont que des lieux de passage.
Ils doivent le rester parmi nos paysages.
Je suis resté un certain temps, assis,
Regardant passer les voyageurs pressés :

Les mères tirant les enfants trainant les poupées,
Les pères, fores aux valises et aux sacs trop lestés,
Les jeunes couples plus ou moins inspirés,
Se touchant, se frôlant, s’enlaçant, s’embrassant, 

Les vieux couples, pressés d’arriver, regardant
L’autre puis le tableau, l’autre et les panneaux.
Par moments réguliers, des annonces lancent le départ
D’une course aux rames ou précisant les retards. 

Alors les soupirs, les colères, les regards bedeaux
Se font entendre et enrichissent la musique des fers.
Tout est métal noir, gris ou vert mêlé de pierres.
Des enfants tournent en ronde autour des parents

Une jeune femme, un jeune homme attend
Son sac entre les jambes, le train qui, enfin
L’emmènera vers quelques uns des siens.
A moins qu’il ou elle n’aille rejoindre 

Sa ou son amoureux en hâte de l’étreindre.
Tout cela fourmille presque machinalement.
Il y a aussi des séparations, presque des adieux
Qui se lisent en pleurent aux creux des yeux.

Ce sont les égarés qui livrent aux froids serpents
L’autre à la distance mangée par le wagon.
Ils font durer cet instant sur le bord du ponton
Sur le quai ou sur la marche, ils s’accrochent

Au train de leur vie qui les arrache à leur proche
Et bientôt la voie vide pèsera de tristes reproches
De possibilités inaccomplies, de rêves inachevés.
Celui qui reste redescend sur la terre de bitume

La tête basse, le cœur ferraillé d’amertume.
Il ou elle retourne à la ville pour s’y noyer
Espérant un demain comme un hier retrouvé.
Pendant des heures j’ai regardé cette danse 

Où les voyageurs comme des ombres
Courent, paniquent ou volent en trombe
Vers un horizon, un ailleurs sans silence.
Ils semblent fuir la ville ou une vie trop vagabonde. 

Certains cependant demeurent d’éternels spectateurs
Ils resteront à jamais privés de cette étrange ronde
De cette frénésie collective des départs et des arrivées
Des rendez-vous dont chacun fut un jour acteur.

Ce sont les voyageurs statiques tristement attachés
Aux murs de la gare, devenus gris sans rien faire.
Ce sont les ombres, aux regards vides de tout horizon
Qui ne possèdent pour billet que le fond d’un flacon. 

Il ne faut pas s’arrêter dans les gares sans le vouloir
Et même ce sentiment paraît sans raisonnement
Sans justification qui ne soit autrement que dérisoire.
S’arrêter dans ces couloirs sauf pour un moment

C’est à jamais s’asseoir sur une vie pleine d’espoir
Sur une action dont on deviendrait le chef de train.
La vie est un train sans rail qui peut voyager
Là où l’âme et le cœur trouvent l’énergie pour rêver.

Un déraillement parfois cause un profond désarroi
C’est une montagne qu’il faut alors contourner
Ou creuser en tunnel, se faire petit et passer.
Souvent mon train a heurté d’abruptes parois.

Les gares ne sont que des lieux de passage.
Ils doivent le rester parmi nos paysages.
Je suis resté un certain temps, assis,
Mais l’espoir a fonctionné et je suis reparti.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 15 août 2006

A Evian de grandes voiles blanches étirent leurs ailes

La caravelle, sans heurt, éclabousse de lumière

L’ondulation sombre reflétant le triste ciel.

Elle se meut comme un signe, une chimère

 

Et lentement glisse comme la prière solennelle,

De l’humble chevalier face à l’obscur orage d’été.

Ses lames, blanc ivoire, appellent, jaune cramé

L’herbe fine dansante du pré en parcelle.

 

Le vert de la forêt remémore les arbres et à bord,

La coque, les souvenirs d’ombres végétales décimées.

Comme perdue, la barque au milieu de l’eau douce

Espère les embruns et l’accueil des petits ports,

 

Les marées et les vagues des grands courriers.

Jamais il ne les verra car la terre le repousse.

Ce navire au potentiel glorieux, ce Nelson

Est épris d’un écrin, la forêt l’emprisonne.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 15 août 2006

J'ai retrouvé celui là dans mes vieux papiers.

 

Au jour du linceul

Où ma chaire quittera les os,

Que garderai-je, seul

Si ce n’est, sous ma peau

 

Le souhait d’un cœur juste.

Alors que, mon cerveau s’affaissera

Mon esprit sortant par mon buste

Traversera les dimensions, s’élèvera

 

Pour retourner au néant, dissolu

Dans l’immensité universelle,

Absorbé par l’unité plurielle.

 

Je serai une fois de plus perdu

Mais surtout tranquille

Plus à vivre d’idile.

 

par Anderson publié dans : Poésie
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Jeudi 10 août 2006

J’aime la rose qui fleurit dans mon jardin

J’aime ses délicats pétales et son parfum

Emprunt de douceur et d’éclats de rires

Ces échos de cristal naissant par ton sourire.

 

J’aime ton petit espace vert parsemé de pétales

Que le vent par moment fait danser en rondes

Lentes et régulières comme le chant des cigales.

C’est une douce musique alors qui m’inonde

 

J’aime les mures au teint rouge ou noir

Au goût sucré et légèrement acidulé

Elles sont semblables à tes lèvres et tes baisés.

 

Enfin j’aime les arbres qui se dressent en miroir

De tes yeux dès qu’un chaleureux rayon de soleil

Traverse leur feuillage et leurs fruits vermeils.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mercredi 2 août 2006

Je vais garder les parfums de tes embruns

Tout au long de ma traversée solitaire.

Je vais conserver les souvenirs de tes mains

Jusqu'à ce que mon navire touche terre.

 

La coque fend les vagues, vers la lune

Elle s’élève chevauchant ces dunes

Qui s’étendent à perte de vue, sans fin.

Je te devine dans ces formes au matin

 

Comme une sirène qui, me séduisant

Par mes rêves, m’appelle vers les abysses.

Je sais les boutes, écoute se tendre les drisses

 

Et jette mon navire sus à l’horizon tremblant

Là bas ton atoll m’attend et sur cette plage

Un avenir maculé de soleil, de sable blanc.

par Anderson publié dans : Poésie
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Mardi 1 août 2006

Tel le marin je repars sur mon bateau.

Les flots lumineux me guident en chemin.

Loin de toi, je garde le sel de ta peau

Sur ma langue et le feu de mes mains.

 

Des vagues, suaves, se couvrent d’embruns

Parsemées de lumières et de filaments.

Une danse d’étoiles, dans le firmament

Réveille dans ma mémoire, ton jardin.

 

Le silence, enfin, et le souffle du vent

Evoquent tant de brises en tes lèvres

Alors que dans mes bras, tendrement

 

Tu t’endormais comme sur une grève.

Tel le marin je repars sur mon bateau.

Mais demain je reviendrai très tôt.

par Anderson publié dans : Poésie
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Vendredi 28 juillet 2006

Il fait chaud, ta peau est moite et luisante

Comme à la sortie d’une douche brulante.

Je la vois drapée de parures de diamants

Pour ton cœur nacré et ta bouche rubis.

 

Comme Eve vêtue de son plus bel habit,

Tu marches vers moi, séduisant serpent.

Le temps en suspend saisi mon sang

Alors que délicatement mes mains s’apprêtent

 

À te servir de douce serviette.

Dans le soir un oiseau chante appelant

Une brise et un peu de fraicheur.

 

Un chat lui répond, fantôme ondulant.

Reprenant cette dance te voilà, glissant

Dans l’ombre, vers ma propre chaleur.

par Anderson publié dans : Poésie
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