Sous les arcades, à Valence,
des gens en promenade
hésitent entre une baignade
ou les rondes d'une danse.

Le journaliste est vraiment
un drôle d’oiseau
Comme en paon aux larges plumes, il fait le beau.
Il aime être entendu et pousse son cri haut
En campagne comme en ville, il n’est qu’un corbeau.

Il parle parce qu’il sait, c’est un perroquet.
Il suffit que les bourses prennent un hoquet
Ou qu’elles soufflent s’exprimant dans un soupir,
L’oiseau s’exclame ou braille proclamant le pire.

C’est un animal fier de sa jolie plume
Et c’est souvent là que se découvre le hic
C’est un animal caché par des stylos bic.

Il s’enorgueillit de sa très haute culture,
Aime le sang qu’il prend pour de la confiture.
Dans la savane, il parait de mauvaise augure.


C’est l’ombre, puis humidités et parfums
Ce sont les douces chaleurs qui montent des bains.
Des bougies parfumées font, de l’escalier,
Un chemin de foi étrangement éclairé.

Dans les profondeurs, la nuit nous embrasse
Et la moiteur nous berce et l’eau nous délasse.
Nous nous abandonnons aux bains successifs
Le moindre mouvement devient excessif.

Petit à petit tout le corps semble gavé
D’un excès de pesanteur, de tranquillité.
Un dernier nuage de vapeur nous consomme,
Les massages, définitivement, assomment.

Le temps s’est arrêté, les heures évaporées.
Qu’importe puisque nul ne pense à remonter.
Parmi les nuages, nous croisons au hasard
Quelques émanations aux yeux hagards.

D’autres que nous errent dans la chaleur des flots
Sur le bord des piscines, les pieds dans l’eau.
Certains chuchotent d’autres comme pétrifiés
La face baissée, l’œil fixe, hypnotisé

Sont déjà partis ne semblant plus respirer.
Une seule baignoire est à présent désertée
Dans le recoin des thermes le plus étouffé.
Des marches à pas feutrés s’évanouissent

Dans un liquide cristallin où des iris
Se reflètent figées de sur le fronton peint.
Mon pied traverse le délicat dessin.
L’onde se froisse, une mâchoire se ferme

Mordant à pleine dent tout mon épiderme.
Tombant à la renverse c’est tout le corps
Qui se perce, qui se contracte et se révolte
La peau détendue maintenant raidi ses pores

Tout se réveille et les idées virevoltent,
Sortir, se réchauffer, traversant les bassins
Devenu brûlants d’inconfortables caresses,
Monter l’escalier et le niveau de stress.

La chaleur vite calme un pas qui ralentit.
La lumière apparaît et l’air frais aussi
Qui, emplissant les poumons redonne la vie.
La rue est là et la ville pleine d’envies.


20 ans cela en représente du temps
Ou bien, du tant, tellement qu ‘on en oublie
De tous ces jours le premier, le commencement.
Lui semble loin, si inconséquent et petit.

Mais c’est pourtant par lui que tout fut lancé
Que le compte entamât sa course, sa tournée
Qu’il a détalé pour devenir effréné.
Le temps s’est perdu emporté par la journée.

Les autres jours l’on suivi, certains l’on rejoint
Comme les grains de sable dans le sablier
Ils s’entassent, s’établissent et ne bougent point.
Certains jours ont fui, tombés dans un trou noir

Ils ont échappé aux filets de ma mémoire.
J’ai perdu ces moments, peut être des espoirs,
Peut être des instants de délicieux moments,
Que je retrouverai caché au firmament.

Qu’importe finalement puisque le temps passe
Et les jours, puisque chaque nuit, ils trépassent.
20 ans c’est une vie et un instant fugace
C’est un mauvais quart d’heure qui reste et trop agace.

C’est des étés, des hivers, de la lumière
C’est du soleil, de la pluie, des jours, des nuits
Qui n’ont d’importance que vu par derrière.
On ne les regarde que lorsque l’on s’ennuie.

Un espace infiniment calme partage
Ma vision entre la douceur d’un bleu profond
Et le noir imparfait des branches d’un buisson
Reliquats de jets d’encre ou traces de cirage.

Au milieu trône une lune extravagante
Eclaboussant de ses lueurs trop ardentes
La vague qu’un jour une brise souleva
Quelque part au large, loin, tout là-bas.


La lune veille son reflet jalousement
Comme le dandy surveille son parement.
Tous les deux sont éphémères, un rayon suffit

A voir de leur charme l’amplitude proscrit.
Tous les deux disparaîtront sans enchantement
Pour l’un avec le jour, l’autre avec la nuit.


Un cours d'eau dans l'obscurité se faufile
Parcourant sans bruit ou presque la pente.
Au loin, il apparaît aussi fin qu’un fil.
Silencieux entre les arbres, il serpente.

Même sa chute est sourde, sur les rochers gris
Qui l’absorbent et des regards le mettent à l’abri.
Le ruisseau devient une ligne minérale
Sculptée entre les grands sapins et les falaises.

Une haie d’honneur bordée par de grands mélèzes
L’accompagne au bas de la noble montagne
Où chante un torrent aux reflets de Cocagne.

Une lueur les dévoile, enfin tous les deux.
Ils enflent et s’animent presque furieux
Tous leurs diamants passent devant mes yeux.



J’ai un rayon de soleil dans la tête,
Un éclat de rire bourdonnant dans les oreilles
Qui m’accompagne le matin dès le réveil
Et me berce le soir, sitôt que je m’arrête.

Éteignant le feu brûlant en ma mémoire,
Il nourrit les fleurs de quelques lointains espoirs.
La nuit s’éclaircit et tous mes rêves sont doux
J’ai un souffle tendre accroché autour du cou.

Comme la caresse d’un cil, battement d’aile
Chassant tous les nuages noirs qui s’amoncellent.
Il dégage d’un sourire mes horizons

J’ai un éclat de rire comme passion,
Il rythme mon cœur et l’émerveille.
J’aime à l’entendre sonner dans ma maison.
Les chênes déjà se couvrent de rouille
Dans l’humidité du matin gris et froid.
Lentement ils se balancent, puis droit,
Éparpillent leurs feuilles que le vent fouille.

Les passants les imitent dans leur chevauchée,
Ils se courbent, se redressent puis se secouent
Ramenant leur col pour couvrir leur cou
Ils jettent l’eau qui ruisselle à leurs pieds.

La route de bismuth luit sous des pas
Qui parfois glissent sur des feuilles en amas
De ces talons naît le rythme d’une chanson.

Elle s’enfuit vite derrière une maison.
Seuls les arbres et les feuilles restent à danser
Dans une rue glacée trop vite désertée .
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