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J’ai vu des feuilles d’or parsemer le ciel
Volant en éclaire semblable aux fées au réveil.
J’ai rêvé d’une plage argentée de bleu.
J’ai vu cela dans la lumière de tes yeux.
Les silencieux sifflements des douze vents
Et l’eau fraiche d’une fontaine, d’un torrent,
Coulaient dans les bambous en danseurs langoureux.
J’ai vu cela dans la douceur de tes cheveux.
J’ai perçu les dunes chauffées par le soleil
Rougeoyer comme un feu à nul autre pareil
Alors qu’en bédouin, une main tendre, en eau,
Essayait d’épancher la soif de ta peau.
J’ai découvert tout cela dans un seul regard
Et mille choses que je garde pour plus tard.

J’ai vu des bateaux perdus sur leur océan
Trainant leur triste reflet de fantôme errant.
Les voiles déchirées et la coque trouée,
La mer ne semblait plus pouvoir les supporter.
Entre deux vagues molles, presque lessivées,
Ou au milieu d’un univers calme et bleu,
Ecrasés de lumière ou dans l’ombre pétrifié
Ces grands voiliers étaient comme abandonnés.
J’ai vu des bateaux, presque des coques de noix
Plus fiers et plus beaux que certains grands vaisseaux.
Ils voguaient où bon leur semblait, sans effrois.
J’ai vu des hommes avec leur âme en radeau
Autre fois si grands, la vie mit, par rafale,
Leur tête à l’envers et leur cœur à fond de calle.
D’autres, plus discrets, traversaient les océans
Parfois échouant mais toujours gaillard devant.