La lumière est frileuse lorsque la nuit tombe

Le regard de l’homme assis est immobile.
Devant lui, la vitre montre, fébrile,
Les hoquets futiles d’une ligne d’horizon
Qui souhaitait attirer son attention.

Le train parcourt un paysage automnal
Trop lent, le temps aussi, s’écoule, banal.
Quelqu’un dans le wagon ouvre une mandarine
De son parfum, envahissant ses narines,

Naît un souvenir d’une douceur enfantine.
C’est celui d’un Noël lointain qu’il devine :
Un goûter au chaud que rapidement on abrége
Pour un bonhomme tout blanc et son chapeau beige.

C’est le souvenir d’un fruit discrètement
Glissé dans une poche par une maman.
C’est l’arôme sucré naissant de doigts gelés
Et d’un liquide froid bien vite asséché.

Les doigts sont raidis, mais le parfum sucré
Fait oublier le gel mordant, la goutte au nez
Et la nuit qui arrive en mauvaise surprise.
Hors du train, le ciel aussi perd son irise.

Un appel extrait l’homme loin de son rêve
L’annonce d’une gare, dans le temps, une trêve.
Les lueurs tristes de la gare éclaboussent
Le train contrarié par d’impromptues secousses.

L’homme baille et se lève. Son errance achevée,
Il saisit son grand manteau d’un noir délavé.
Sur le quai un autre froid austère le saisi
Au col relevé sur des épaules qui fuient.
La valse du temps passe, imposant ses pas,
Comme la vie exige ses hauts et ses bas.
19 ans, un temps, peut-être, une vie sûrement
L’age de maturité devenant parent.

Tu auras vu, hésitant, mais vaillant toujours
Les actes des uns comme leurs demi-tours :
Les mariages, les naissances et le reste
Les poids du sort que certains osent et délestent.

La vie est un orchestre qui passe chantant
Qui s’arrêta un jour et d’un geste reprend.
Une note a suffi et d’un enterrement

Fait d’une chanson, l’étoile d’un firmament.
Rien n’est sans l’amitié, ni sa soutenance
Pour que tout cela, toujours et encore, danse !
sans-vague.jpg
papillion-jaune.jpg
Dans un joli village  de pierres, breton
Vollent des papillons, rouges, jaunes, marrons.
Le bouquet de fleurs aux couleurs électriques
Nourrit les voltigeurs aux allures frénétiques.

Ce sont des rayons de lumières magiques
Apparition d’un soleil d’été, extatique
Traversant dans ma vision le gris des murs,
Le vert profond de l’humidité qui susurre.

Leurs grandes ailes de silence, trop fébriles
Rendent hésitant leur vole soul, malhabiles.
Ce sont des clowns dans un monde de la voltige,

Des gymnastes exerçant le grand écart sur tige.
Leur beauté cache leur grande fragilité
Comme des belles aux robes trop apprêtées.
Les-pierres-volent.jpg
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés