J'aimerais que nous prenions un bateau
Pour visiter ensemble l'ensemble des eaux.
Nous traverserons doucement les océans
Comme fait, en dérivant, chaque continent. 

J'aimerais que nous prenions un avion
Pour voir si les nuages sont en coton.
Comme sait le faire l'oiseau, la tête en l'air,
Nous visiterions chacun des courants d'air. 

J'aimerais que nous prenions un de ces trains
Que les rails emportent quelque part au loin.
De ponts en tunnels, de maisons en citadelles
Nous parcourrons la terre sans avoir besoin d'ailes. 

Le globe ainsi accompli nous allongerons
Nos corps épuisés et grand nous ouvrirons
Nos regards, nos sens et nos âmes libérés
Vers cette autre sphère d'étoiles enflammées.

 

Enfin déserte ...
... Mais déjà il va faire nuit !

J’ai vu des feuilles d’or parsemer le ciel
Volant en éclaire semblable aux fées au réveil.
J’ai rêvé d’une plage argentée de bleu.
J’ai vu cela dans la lumière de tes yeux.

Les silencieux sifflements des douze vents
Et l’eau fraiche d’une fontaine, d’un torrent,
Coulaient dans les bambous en danseurs langoureux.
J’ai vu cela dans la douceur de tes cheveux.

J’ai perçu les dunes chauffées par le soleil
Rougeoyer comme un feu à nul autre pareil
Alors qu’en bédouin, une main tendre, en eau,

Essayait d’épancher la soif de ta peau.
J’ai découvert tout cela dans un seul regard
Et mille choses que je garde pour plus tard.


A votre avis comment s'appelle le marchand?

               J’ai vu des bateaux perdus sur leur océan
               Trainant leur triste reflet de fantôme errant.
               Les voiles déchirées et la coque trouée,
               La mer ne semblait plus pouvoir les supporter.

              Entre deux vagues molles, presque lessivées,
              Ou au milieu d’un univers calme et bleu,
              Ecrasés de lumière ou dans l’ombre pétrifié
              Ces grands voiliers étaient comme abandonnés. 

              J’ai vu des bateaux, presque des coques de noix
              Plus fiers et plus beaux que certains grands vaisseaux.
              Ils voguaient où bon leur semblait, sans effrois.
              J’ai vu des hommes avec leur âme en radeau 

              Autre fois si grands,  la vie mit, par rafale,
              Leur tête à l’envers et leur cœur à fond de calle.
              D’autres, plus discrets, traversaient les océans
              Parfois échouant mais toujours gaillard devant.

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