Samedi 22 avril 2006

Dans le métro

Au bout d’un quai, un amas de chiffons

Parfois vivant, d’ivrognes compagnons

Ont fait leur chambre de cette terrasse.

Par moment, une idée de vie qui les dépasse

 

Perturbe et les dormeurs et le veilleur.

Une rame passe et vomit des yeux aveuglés

Car ces parias, ces formes, leur font peur.

Ces ombres, devenues presque fantôme

Regardent passer le métro. Mômes

Aux regards vides, au foi lesté,

Leur petit groupe est un monde reconstitué,

Une certaine idée d’une autre fraternité.

 

C’est une micro société, d’âmes perdus

De vies égarées, d’histoires déçues.

Et pourtant ce sont des hommes

Des êtres vivants comme chacun

 

Que la société à doucement, en somme

Effacé, mis de côté, comme aucun

Mais ils seront légion, très bientôt

Et la liberté sera prise à défaut.

par Anderson publié dans : Poésie
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