Dans le métro
Au bout d’un quai, un amas de chiffons
Parfois vivant, d’ivrognes compagnons
Ont fait leur chambre de cette terrasse.
Par moment, une idée de vie qui les dépasse
Perturbe et les dormeurs et le veilleur.
Une rame passe et vomit des yeux aveuglés
Car ces parias, ces formes, leur font peur.
Ces ombres, devenues presque fantôme
Regardent passer le métro. Mômes
Aux regards vides, au foi lesté,
Leur petit groupe est un monde reconstitué,
Une certaine idée d’une autre fraternité.
C’est une micro société, d’âmes perdus
De vies égarées, d’histoires déçues.
Et pourtant ce sont des hommes
Des êtres vivants comme chacun
Que la société à doucement, en somme
Effacé, mis de côté, comme aucun
Mais ils seront légion, très bientôt
Et la liberté sera prise à défaut.