Souvenirs feuilletés
Dans ma mémoire, vie le souvenir d'une feuille,
Chaude et douce comme les pluies du Tonquin,
Mais amer et salée comme l’écueil.
Elle me berce doucement de sa jolie main,
Alors que s’élève sa fumée, et me caresse.
Petit, son premier doigt m’éveille sans cesse,
Le deuxième chante la douceur maternelle.
Le suivant, c’est le juge fraternel
Que j’exile à la porte alors qu’elle me veille.
L’avant dernier s’endort, perverti d’illusions.
Le dernier m’indique vers où flotte mon galion.
Sa caresse s’évanouit, brisée par la hache !
Au fond des eaux je la retrouve faite algue.
Je me souviens d’elle, c’est près de Copenhague.
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