
L’hiver est loin et déjà le soleil brille
Invitant sous de riches brindilles
Les premiers esprits vacanciers imberbes
A venir étaler leurs parfums amers.
Le parc vient d’ouvrir et déjà l’herbe
Se couvre comme une plage sans mer.
Le petit étang se pare de beautés océanes
Où tentent de se cacher quelques oiseaux.
C’est dimanche et les parisiens se pavanent.
Ils encerclent, envahissent jusqu’aux roseaux
Le moindre espace laissé libre de verdure.
Le moindre rayon de soleil devient une cure.
C’est dimanche et la foule envahit jusqu’au silence
S’appelant, jouant, chantant dans une danse
Incroyable de couleurs, de formes, d’espérances.
Les enfants, les parents tous font du bruit.
Bientôt ils partiront enfin en vacances.
Ils poursuivront ce chahut même la nuit.
Pour moi le silence et la place se fera,
Pour moi je reviendrai où tu ne seras pas,
Où tu ne seras plus, et peut-être à jamais.
Ton fantôme aire où tout le monde se plait.
Je crains sans cesse de découvrir ton visage
Au détour d’un chemin, au creux d’un passage.
Sur Botzaris ta fenêtre domine le spectacle :
Le parc, les parisiens et leurs rues entremêlées.
Sur ce balcon où j’allais fumer avant de t’enlacer
Je ne vois plus personne, que des ombres du passé.
Il domine toujours les cimes des plus hauts arbres
Parfois, la nuit à mon retour, une lumière luit
Dans cette grande entrée sertie de marbre.
Et là haut une lumière, presque luciole, vie.
Il arrive qu’il y ait quelqu’un dans le salon.
Est-ce toi, ta colocataire ou une garnison
D’amis, d’admirateurs, certainement ivres.
Vous aviez un principe pour pouvoir vivre :
Personne dans ce nid d’aigle que vous deux.
Il apparut un jour sans prévenir, juste pour moi.
Je suis resté alors à t’attendre plusieurs mois.
En bas devant les passants heureux.
Mais aujourd’hui c’est dimanche
Je vais voir dans celui du Luxembourg
Si les parcs inspirent encore l’amour,
Que tu ne connais pas au-delà de la Manche.
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