Mardi 25 juillet 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

La grotte des deux jades

 

 

 

 

 

Il y a très longtemps, dans un milieu indéfinissable entre réalité et imagination, entre ce qui est et ce qui peut être, l’ordre immuable, immobile et le chaos, les dieux s’ennuyaient. Ils erraient entre sommeil et une faible activité de création. Cette espèce de sieste éternelle n’était perturbée que par le bruit de deux géants, deux dragons divins qui se querellaient sans cesse.

 

 

 

L’un d’entre eux était bleu. Ses écailles luisaient selon son humeur d’un rayonnement s’étendant d’un bleu profond à un bleu d’une pureté presque transparente. Son nom était Uo ce qui pourrait se traduire « La raison profonde comme l’infinie ». Les premiers hommes du peuple Celte se souvinrent de lui dans le prénom Rachel.

Le deuxième dragon, identique au premier dans sa forme rayonnait de rouge. Ses écailles étaient comme des braises dans la nuit de cet espace infini sans étoile. Son nom était Richeel. Les peuples qui prirent place dans les grandes plaines de l’est, des éons plus tard, utilisèrent ce nom pour définir la passion, les pulsions venues du cœur. Aujourd’hui encore ils utilisent l’idéogramme du cœur au dessus de l’esprit.

Si Uo réfléchissait beaucoup avant d’agir, prenant en compte l’ensemble de tenants et aboutissants, les causes et les conséquences de ses actes, Richeel agissait avec impulsion. Il ne prenait en compte que l’instant présent, l’idée, l’envie de faire ou de ne pas faire pour agir. Ainsi naissaient leurs querelles incessantes poussées soit par les tentatives d’Uo pour raisonner son opposé, soit par Richeel pour l’inciter l’autre à mener une action sans qu’il puisse prendre le temps d’une réflexion dont la longueur du temps pourrait nous échapper.

 

 

 

Le panthéon divin se composait ainsi. Il y avait un dieu élu parmi les plus anciens. Sa tâche était alors d’organiser, de prévoir et de donner une direction à l’action des divinités. 9 autres dieux étaient également élus pour un poste et des actes déterminés. Parmi les 9 élus les deux premiers secondaient le grand élu pour aider à faire appliquer les décisions prises auprès des plus jeunes divinités. Les autres administraient, rythmaient, organisaient, ou gardaient les premières archives des décisions et actions prises. Les deux dragons ne faisaient pas partie de cette hiérarchie, ils étaient trop jeunes, peu expérimentés et ne cherchaient de toute façon qu’à influencer indirectement le comportement des autres divinités. Ceux-ci correspondaient toutes à ce que l’on nomme aujourd’hui un trait de caractère, une qualité ou un défaut. Les neuf élus étaient plus complexes car moins définissables. Le tout premier élu, en ce début de l’univers était le dieu de la création. Il prit la parole :

- « Nous ne pouvons continuer à errer sans but dans cet univers. Je suis le dieu de la création et ai participé à la réalisation de votre existence à tous. Nos pouvoirs, notre nombre est suffisant maintenant pour rendre concret nos aspirations à tous. Il est temps d’agir. Nous n’avons toujours pas répondu à une question. Cette fameuse question à la quelle nous réfléchissons depuis longtemps : que faisons nous là, pourquoi sommes nous ici et comment peut-on se rappeler le chemin qui nous y a amené ? Voici mon idée. »

Il expliqua alors aux 9 divinités son projet et tous acceptèrent. Ceci nécessitait, pour une réalisation parfaite, d’écarter les autres demis dieux ou sous divinités tel que les deux dragons pour ne pas détruire ou influencer le projet de façon inconsidérée. L’objectif était à priori simple pour eux : créer un univers tangible, un monde où tous pourraient voir la réalité de leur caractéristique propre.

 

 

 

Le dieu placé au deuxième plant à la gauche du dieu élu s’occupa de comptabiliser les donner, les énergies nécessaires. Celui à son opposé, à la droite apporta les bonifications : la lumière, l’aire, l’eau et tout ce qui était nécessaire pour créer un monde fertile. Les 2 plus proches, à la droite comme à la gauche, étaient chargés d’organiser les rituels, les méthodes pour rendre ce monde réel. Alors que les deux accesseurs du dieu de la création passaient des messages. Le neuvième, le plus éloigné, gardait la sécurité de leurs travaux à tous. Le travail avançait et les deux dragons ne soupçonnaient rien comme les autres déités. Bientôt un globe de terre allait être assemblé, cultivé et engendré. Des créatures apparurent mêlées de l’influence de chacune des divinités créatrices. Au moment de la création finale un sort fut jeté sur l’ensemble des dieux, divinités et autres éléments pour permettre la touche définitive à l’œuvre. L’univers était calme et une grande détonation survint. Une boule apparut et avec elle, dans cette explosion, une infinité de constellations. Le dieu de la matière et du feu avait réussit sa mission. Il avait concentré de microscopiques éléments en un tout. Il les avait concentré à un point tel, qu’en libérant son étreinte une explosion incroyable avait retentit. L’espace ainsi défini mais toujours en expansion avait initié ses mouvements internes. Des groupes de poussière formèrent des constellations et au milieu d’elle des soleils, des planètes et des lunes. Parmi cette multitude les dieux élus semèrent la vie sur certaines d’entre elles. L’objectif était de créer des êtres pouvant évoluer et leur permettre de comprendre à leur énigme.

Un univers entier était né alors que la plus part des dieux dormait. La plus part non, Richeel était partie poussé par une impulsion et Uo qui réfléchissait. Ils avaient échappé au sort de sommeil. A la vision d’une des nouvelles sphères, perdue dans cette nouvelle dimension inférieure, ils se précipitèrent. Deux lignes, une bleue et une rouge pénétrèrent avec fracas le ciel au dessus du monde nouvellement créé.

Leur course, leur poursuite dura un temps infini. Ils finirent par initier même un mouvement de rotation à cette planète. Ils brassèrent les éléments gazeux, leur souffle déclencha des zones de feu où la terre s’enflamma. Ils évaporèrent certaines masses d’eau créant les nuages. Avec le temps leur zone de lutte se rétrécit en une partie, laissant le reste à son refroidissement et à une certaine tranquillité. Des mouvements incessants sur ce lieu firent croitre une montagne tellement grande qu’elle défigura la sphère. C’était et de loin le point le plus éloigner du centre du globe. A cette vue, les deux dragons lutèrent pour en conquérir le sommet. Leur force était égale tout comme leur volonté. Ne pouvant réussir à maintenir plus d’un temps restreint l’étreinte de la cime, tous deux se précipitèrent vers la base pour la réduire à néant. Si l’un d’entre eux ne pouvait posséder ce monde, nul ne l’aurait. Uo avait estimé qu’il fallait trouver un point d’entente et réduire cette montagne aurait permis de pouvoir discuter. Richeel avait agit par colère et ne voyant pas de solution il s’était lancé à la destruction de la montagne. L’un pénétra la base par le sud et l’autre par le nord. Ils creusèrent deux entrées, deux tunnels. Une explosion retentie, la terre trembla sur ses bases. Ce grand fracas fit s’effondrer une partie de la montagne, puis le calme vint. Plus rien, le silence naquit enfin sur ce monde. Les dieux surveillèrent un temps pour les voir ressortir, les attraper et les éloigner de ce monde. Ils ne reparurent pas. Les deux grottes restèrent sous surveillance alors que d’autres dieux continuaient à ensemencer cette dimension.

Le rythme se stabilisa et l’on oublia les deux dragons dans le monde des dieux. La vie se développa et les premiers êtres apparurent. Le dieu des croyances, néanmoins, insuffla aux premiers hommes la légende des deux animaux mythiques. Les uns s’installèrent à la grotte du nord. Ils prirent le nom des hommes de bleu. Les autres au sud étaient les rouges. Tous vénéraient leur propre de divinité et ses qualités. Ils installèrent à chaque entrée un autel. Nul n’avait le droit de pénétrer ces sanctuaires en dehors du moine responsable des offices et de l’entretien. Mais jamais aucun de ces deux représentants officiels n’avaient osé partir à la découverte du fond de leur grotte respective. Ils n’en connaissaient que les premiers mètres. Les profondeurs étaient taboues. Chaque entrée servait d’autel devant laquelle un grand dragon de jade était posé. L’un bleu représentait Richeel, l’autre rouge, Uo. A leur pied respectif se tenaient les célébrations, étaient disposées les offrandes et les signes de respect et de dévotion.

Les villages se développèrent en correspondant à l’influence cachée des mythes. Le village bleu était tracé au cordeau. Les rues orientées savamment, rigoureusement correspondaient aux fruits de savantes réflexions et calculs. Les cultures se réalisaient selon la même recherche de logique, de précision et de réflexion. Tout différemment, le village du peuple rouge paraissait désordonné. Aucune maison n’était semblable. Certaines étaient décorées, d’autres non, certaines s’élevaient sur plusieurs étages construites dans un style très différent de ses voisines proches. D’autres s’étendaient sur de grandes surfaces ayant préféré visiblement l’espace au sol à la hauteur. Les rues serpentaient en fonction de leur implantation aléatoire tracées par un amalgame de forme. Il n’était pas rare que certaines, d’ailleurs, s’écroulent tellement l’architecture avait été délirante. Les champs occupaient des espaces libres à proximité, parfois même, dans le village et la nature même des plantations changeaient d’une année sur l’autre en fonction de l’impulsion du cultivateur. Parfois même ils ne plantaient pas dans le même endroit d’une année sur l’autre ce qui pouvait créer quelques complications avec l’occupant précédent. Le paysan devait s’être lassé du paysage et du travail. Généralement chacun réussissait néanmoins à trouver un point d’accord. La notion de propriété étant plus développé chez les autres se type de problème ne les touchait pas. Cela les amusait même jusqu’à développer chaque année un petit jeu sur ce qui pousserait ou pas sur telle ou telle parcelle.

 

 

 

 

 

 

Qu’étaient devenus les dieux créateurs de cet univers. Nul ne peut le dire car, s’ils s’étaient intéressés aux premiers développements de la vie, ils se lassèrent rapidement des avancées trop lentes à leurs yeux. Les peuples s’étaient multipliés, certains s’étaient fait la guerre, d’autres avaient disparus. Seuls les deux peuples au pied de la montagne étaient restés là où ils furent placés. Au bout de quelques centaines de rotations autour de l’étoile principale, le panthéon divin s’était peu à peu éloigné. D’autres mondes, sans doute, avaient attiré leur attention, plus prometteurs certainement pour trouver la réponse à leur éternelle question.

 

 

 

Le temps passa et chacun trouva son équilibre. Les uns et les autres prièrent leur divinité, source de leurs inspirations. Les villages se développèrent tranquillement. Les enfants se multiplièrent, devinrent adultes et engendrèrent d’autres enfants. Il y eu des prêcheurs d’autres religions, d’autres croyances mais chacun conserva son encrage. Les deux villages finirent par entourer ou presque le pied de la montagne sacrée où jamais personne ne s’aventurait à son sommet. La plaine était vaste et suffisait amplement aux besoins de chacun. Un jour pourtant naquirent deux enfants, l’un dans chaque village. Le premier était une petite fille aux yeux rouges et aux cheveux de feu. L’autre était un garçon aux yeux bleus et à la chevelure sombre. Tous deux avaient un point commun la curiosité. Ils se rencontrèrent souvent jusqu’à l’âge de raison lors de fêtes ou dans les champs. Leurs premiers contacts ne furent pas très satisfaisants car chacun était attaché à ses propres traditions. Très vite, le besoin de comprendre, de remettre en question ou d’agir selon ses envies pour l’autre se fit sentir. Si, lui, cherchait à comprendre, elle cherchait à vivre des expériences que nul avant elle n’avait pu vivre. Tous deux se rencontrèrent car entre raison et passion, réflexion, curiosité et envie de savoir ou de remettre en question les règles établies, rien que pour le principe, la limité était fine voir inexistante.

 

 

 

Un soir sans lune, alors que tout le monde dormait, le jeune garçon gravit la montagne jusqu’à la statue du dragon de jade. Le prêcheur dormait dans sa cahute et, au loin, les ombres des toits du village ressemblaient à un filet, ou à un damier de plaques noires serties des lignes grises. Sans le savoir, elle entamait la même escapade. De son point de vue, son village était un amas de pierres de tailles comme des chutes dans une carrière. Des serpents grisâtres ondulaient au milieu de formes hétéroclites. Passé l’autel, le dragon et ayant pénétré assez profondément dans la grotte où nul ne pu voir leurs lumières, ils allumèrent, sans le savoir, de concert, leur torche.

Pour lui la pente, le tunnel était droit. Les coudes présentaient des angles droits et s’articulaient par alternance entre gauche et droite. Le tuyau était un zigzag régulier et certainement logique et ses murs lisses aux éclats de bleu. Il n’en perçu pas le rythme, l’équation tout de suite. Pour elle, les parois rugueuses et flamboyante creusaient un boyau tantôt montant, tantôt descendant, allant de haut en bas sans cohérence aucune. Un labyrinthe en somme avec une seule direction possible représentait leur itinéraire. Ils furent, au bout d’un court moment incapable de dire s’ils descendaient ou montaient, s’orientaient vers le soleil, la lune, le ciel ou la terre.

 

 

 

Pour lui le couloir était un cercle parfait, le rythme des virages harmonieux et devenait presque enivrant tellement leur perfection et leur douceur s’enchainaient naturellement. Sans prendre conscience de ses pas il s’enfonçait et se perdait. Comme bercé il cru, à certain moment, perdre conscience et s’endormir. Il se sentait en confiance. Cela l’étonna. Il dû presque se pincer pour garder sa vigilance.

Pour elle le chemin était laborieux. Monter, descendre, virer, cela devint épuisant très rapidement. Elle sentit rapidement son cœur s’accélérer. Les parois étaient rugueuses, le chemin tortueux. Elle s’essouffla vite mais ne perdit pas courage. Elle voulait découvrir ce qui se cachait au fond.

Pour tous les deux la température variait sans cesse dans leurs boyaux respectifs. Elle passait du chaud et humide des pluies d’été au froid sec ou pénétrant de l’hiver. Les couloirs étaient tantôt sec et leur sol en terre devenue presque du sable, tantôt de la boue ou de la glace collante ou glissante les ralentissant. Le silence était pesant et reflétait l’écho de leur pas. Chacun se croyant suivit, ils interrompirent régulièrement leur marche. La voie de la connaissance est ainsi probablement. Il leur fallait de l’endurance ou leur curiosité était importante.

 

 

 

Leur marche dura un temps indéfinissable dans cette présence sans le repère des astres. Leurs torches s’amenuisèrent. Bientôt chacun n’aurait plus de lumière. Le jeune garçon sortit enfin du tunnel et se retrouva comme entrant dans une vaste salle. Les murs contenaient toujours de belles lignes bleues de jade presque pur. Il avança en choisissant d’aller tout droit. Bientôt il n’eu plus de repère, plus de mur. La torche lui brulant presque les doigts n’éclairait qu’à quelques mètres autour de lui. Sans le sol sous ces pieds il aurait pu se croire dans le néant. Il ne pouvait faire demi-tour car la torche allait s’éteindre. Il ne retrouverait certainement pas l’entrée du couloir. Alors qu’il perdait espoir, il aperçu certainement loin devant lui une petite étoile. D’abord faible, elle sembla se rapprocher de lui. La petite lumière dansait devant ses yeux, il dû jouer avec sa torche diminuant pour s’assurer que ces yeux ne se jouaient pas de lui. Au bout d’un temps, alors qu’il semblait sur le point de l’atteindre elle disparut. Il accéléra le pas. L’écho se renforça. Il fut stoppé dans sa course par une vision inattendue. Une jeune fille qu’il connaissait se tenait devant lui, les yeux en paniques. Sa tenue rouge était maculée de poussières, de toiles d’araignée et de terre.

Il lâcha la torche sous la brulure de la flamme restante. Ne pouvant quitter sa vision il plaça ses doigts endoloris dans sa bouche. Touts deux étaient incapable du moindre mot tellement leur étonnement fut grand. La torche rebondit sur le sol et s’arrêta sur une protubérance qui était passé inaperçue. Celle-ci s’embla s’enflammer prenant l’aspect de braises incandescentes. Le rouge se propagea suivant un chemin visiblement précis. Toujours sans dire un mot, les deux adolescents se rapprochèrent observant la progression de cette apparente flamme. Alors qu’elle sembla avoir parcouru l’ensemble du sol, elle prit une couleur vive et blanche. La pièce révéla toute son ampleur grâce à cette lumière providentielle. Le dessein longeait, probablement en forme de cercle, la base des murs. Au sein de ce cercle une forme gigantesque, impressionnante recouvrait la roche parsemée de jade rouge et bleue. Un dragon blanc à deux têtes couvrait le sol. La pièce entière était un mélange de ces deux pierres exceptionnelles.

Les deux adolescents découvrirent qu’ils étaient au centre d’une cavité insoupçonnée dont la taille dépassait l’imaginaire. Le plafond s’élevait en forme de cloche peut-être à la moitié de la hauteur de la montagne. L’ensemble était lisse d’un mélange rouge et bleu reflétant la lumière du dragon bicéphale. Ils restèrent un long moment silencieux à regarder le spectacle cherchant des yeux autre chose que le vide. Au centre de la pièce un promontoire accueillait une sphère gravée couverte de poussière. Ils s’en approchèrent. Prenant sa ceinture de toile bleue, le jeune garçon l’épousseta. Un globe de cristal sertit de symbole protégeait deux dragon de jades. Un rouge et l’autre bleu se faisaient face.

Une lueur s’éleva de la sphère jusqu’au sommet de la grotte. Les murs de la grotte s’illuminèrent révélant images et symboles. L’histoire de la création et de la lutte de Richeel et Uo dans son entier.

 

 

 

Ce qu’il advint des deux jeunes gents téméraires nul ne le sait. Toujours est-il que jamais on ne les revit sortir. Il arrive cependant qu’une petite lumière, les soirs sans lune, luit timidement au plus haut de la montagne. On dit même que des enfants très particuliers descendirent du sommet et s’enfoncèrent dans le monde.

Si vous douter de cette histoire il vous sera presque facile de pouvoir la vérifier. La montagne existe. Il vous faut remonter le fleuve Amour et trouver le chemin entre deux de ses affluents : Raison et Passion. Ce chemin s’appelle Vie. Après avoir marché un certain temps, vous commencerez à découvrir une montagne dont le sommet se perd dans les nuages. Vous pouvez essayer de remonter un des deux cours d’eau qui ondule de part et d’autres du chemin, mais c’est très risqué. Chacun trouve naissance au pied de la montagne. En fait ils en sortent chacun de deux grottes. L’un vient du sud l’autre du nord.

 

 

 

par Anderson publié dans : Contes
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Catégories

Recherche

 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus