Déjà les cheminées encensent par de maigres fumées
Le matin, d'un parfum de buches enflammées.
Cela me renvoie, dans des ruelles désertées,
Dans le temps où Langres aimait être vêtu,
Avant Noel, de blanc et de gèle à perte de vue.
Nous endossions alors de gros blousons
Et, camouflés sous des écharpes marrons
Nous partions à l'assaut des remparts et des rues.
Les vieilles pierres tentaient de réfléchir l’écho
De nos pas et de nos luttes de boules de neige.
Le bruit s'endormait sous l'épaisseur du manteau.
Un bonhomme naissait sous un chapeau beige
Faisant face à la mairie et au monument.
Les boules que nous avions roulées ça et là
Pour l'ériger avaient fait naître, à grand peine,
Des chemins d'herbes gelées et zigzagants.
Si la chute avait été très abondante
Nous courrions alors, vers les hauts murs.
Nos regards cherchaient les routes glissantes
Et les forêts de troncs noires, devenues obscures.
Il n'était pas rare de découvrir abandonnées,
Les véhicules de quelques aventureux
Qui avaient glissés, de travers, dans les faussés.
On voyait parfois, encore les traces des pneus.
C'est là, sur les remparts que je respirai le mieux
Ce parfum de cheminées balayé par les vents.
Le grand père marchait toujours devant
Nous le suivions aussi du cœur et des yeux.
Il ouvrait un chemin très largement connu
Nous le parcourrions quotidiennement.
Ce parfum planait même au détour des rues
Caressait mon nez, plus ou moins fortement.
Le tour de la ville achevé, nous rentrions
Frigorifiés pour boire un chocolat noir.
D’autres parfums s’élevaient dans la maison
Et s’accrochaient solidement à ma mémoire.
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