Jeudi 21 décembre 2006
Je vous invite à lire la première partie pour que vous puissiez comprendre ce qui suit.

LES HOMMES B.I.C. partie 2


Elle remplit soigneusement sa fiche comme lors de ses nombreux examens, et réalisa les prélèvements. Une question demeura difficile à résoudre. Combien de cheveux laisser au sein de la société. D?un côté et malgré toutes les garanties, elle s?inquiéta à l?idée que cette souche d?ADN resta en liberté. De l?autre quel nombre de cheveux pouvait-elle laisser ? Il n?y avait qu?une seule prise possible et il n?était pas aisé de définir un nombre idéal de compagnons. Elle utilisa néanmoins l?option doute. Cette option résidait dans le faite que nombre de femmes avaient trouvé comme quasi impossible la détermination de ce nombre. Comment connaître le nombre de week-end, de jours de vacances et surtout d?amants avant d?arrêter ou de s?arrêter à un partenaire. Aujourd?hui on parlait plus d?un occupant dans ses temps libres. Le choix était donc laisser à la machine de prélèvement et à son algorithme. Une seule chose était certaine, le nombre de cheveux était compris entre un et mille. Pour plus de simplicité et de rationalité, la limite maximale avait été réduite par décret de loi à 250. Quelques une des premières femmes qui avaient utilisé cette option s?étaient retrouvées avec une moitié de crane mise à nue.

L?opération terminé, Borso réapparu un bref instant pour la remercier, lui donner les dernières informations sur la méthode et le fonctionnement. Dès qu?elle en aurait l?envie, elle n?aurait qu?à envoyer un mail avec son code. Elle préciserait le lieu et la date de rendez vous pour la livraison du produit. 24h était nécessaire pour la bonne marche du processus. Raccourcir ce délai était un  argument commercial pour la concurrence mais un fiasco. Le spécimen implosait avant la date limite, voir de manière inopportune. Certaines femmes restèrent quelque peu frustrées et le prirent très mal. L?argument commercial était quelque peu tombé à l?eau.

 

Thaliae rentra chez elle. Le temps avait passé plus rapidement qu?elle ne l?avait cru. Elle s?engouffra dans le métro un peu moins rempli que dans les jours de semaine. Rentrée chez elle, elle essaya de se concentrer sur son travail mais garda un goût amer. Sa matinée la laissait perplexe. Avait-elle bien fait ? Cet investissement lui serait il rentable. ? Que se passerait ?il si elle venait à être découverte par une rivale ? Elle accrocha son esprit à des problématiques simples et rapides à résoudre pour se lancer dans les véritables charges de travail. Elle ne s?arrêta qu?à la nuit tombée.

La livraison automatique avait permis de faire un plein dans le réfrigérateur et les différents placards. Elle n?eut que l?embarra du choix. Ce fut une omelette salade et un grand coup d?eau de javel sur tout ce qui avait servi. Elle prépara ses affaires pour ses déplacements de la semaine. La valise prête ainsi que les différents billets d?avion elle se prépara au sommeil. Avant d?éteindre son ordinateur elle relut ses mails.

Le temps passa et Thaliae réussit à se faire à l'existence de son dossier au sein de la société B.I.C.. Elle laissa passé du temps et par un après midi de début septembre elle reçu un mail. Le produit commandé quelques moi plus tôt était opérationnel. Elle pouvait en demander la livraison selon sa convenance. Le message était suffisamment discret pour passer inaperçu au milieu des messages de livraison via internet et assez précis pour que seule l?intéressée puisse comprendre. Elle accusa réception et renvoya sa décision au soir.

 

 

De retour chez elle, elle ne changea pas ses habitudes. Après une douche rapide elle passa des vêtements plus léger, brancha son portable et le connecta sur le réseau. Le message réapparu. Elle régla rapidement ses quelques taches, messages et confirmations de décisions et revint vers la l?avertissement.

Elle le relut, valida la provenance pour être certaine de ne pas faire d?erreur. Par la fenêtre quelques étoiles scintillaient au-delà des lumières de la ville. La lune dans ses premiers quartiers éliminait les autres. Du haut de son appartement qui dominait un maigre parc les ombres des arbres rescapés ressemblaient à de lourds rochers. La base des bâtiments plongés dans les ténèbres n?offrait presque aucune vision du sol. Ce vide la désola. Rien ne bougeait dans son entourage et ainsi peut-être était sa vie. Elle replongea regard vers l?écran.

Elle consulta son agenda. Le mois s?annonçait pour une fois sans trop de rendez-vous éloignés aux quatre coins de la planète. Dans le message était placé un mot que lui avait donné son contact. Elle devait le retourné, c'est-à-dire l?écrire à l?envers et renvoyer le message à son expéditeur. Un message d?excuse lui était immédiatement envoyé lequel lui servait de clé pour accéder à une page de bienvenue. Elle devait entrer son mot de passe dans une case choisie lors de la commande pour accéder à la page de lancement de production d?une unité. Le rendez-vous et le lieu furent fixés dans la foulé.

Elle se décida le lendemain pour le vendredi soir. Un rendez-vous sur les quais lui paru l?idéal. A ses yeux, cela possédait un semblant de romantisme presque antique pour une entrevue avec un homme presque inconnu.

Les deux jours passèrent avec un surcout de travail. Elle dû se libérer suffisamment de temps pour profiter pleinement de sa soirée. Elle prétexta un rendez-vous le jour même vers 16h. Cela lui laissa la latitude pour passer chez son manucure et son coiffeur. Elle passa également rapidement chez l?esthéticien. N?ayant pas pu s?occuper d?elle véritablement depuis plusieurs mois elle se sentit revivre. Comment elle expliquerait ces changements au bureau devinrent la cadet de ses soucis alors qu?elle passait une robe noire et souple. Elle enfila une paire de chaussure à talon, remplit son sac de quelques ustensiles essentiels : carte de crédit, rouge à lèvre, cigarettes et briquet. Elle se regarda une dernière fois dans son miroir, prit une grande bouffée d?air. Ce qu?elle voyait dans la grande vitre l?étonna. Elle n?avait pas mis cette robe depuis longtemps - la fin de ses études peut-être ou la soirée de sa dernière promotion ? elle ne se rappelait plus. Le passé c?est le passé se dit-elle, il faut toujours regarder devant. Oui toujours devant se répéta t-elle. Elle prit ses clés et claqua sa porte. Une voiture l?attendait en bas de chez elle noyée dans l?ombre.

Je l?avais croisée ce soir là alors que je remontai chez moi. Elle m?adressa un regard timide et confus comme une petite fille ayant été prise en flagrant délit. Elle rentra très tard je pense car je ne l?entendis pas remonter dans l?escalier. J?imagine sa première rencontre. Un homme l?attendait au pied d?un des arbres des berges. Habillé dans un costume noir, peut-être avec un bouquet de fleurs dans les mains, il devait attirer les regards des passants. Il était devenu tellement rare de voire un homme attendre une femme dans une évidente démarche de séduction. Je me demande néanmoins quelle fut la première phrase qu?il prononça. C?est toujours important la première phrase. Il dû en trouver une bien pour que la nuit se soit prolongée ainsi. Ils ont dû marcher un peu au bord de l?eau puis trouver un restaurant. Selon le budget définit lors de la création du dossier, ils seront allés dans un bon restaurant. Apéritif et vin pendant le repas furent certainement consommés. Cela lui permettait de se détendre véritablement sans pour autant la souler complètement. Le repas achevé, ils repartirent dans une autre direction. La voiture les récupéra plus loin et les ramena jusqu?à l?appartement peut-être. Passèrent-ils tout de suite par la case hôtel ou celle de sa chambre à coucher. Je ne sais pas.

Le samedi elle se leva un peu plus tard que d?habitude et ne prit le chemin de son bureau que vers 10h. Le ciel était dégager et déjà un peu frais. Elle avait un sourire léger et en coin repensant peut-être à sa soirée et à cet homme qu?elle avait rencontré. Elle avait d?ailleurs oublié pendant la soirée, pendant l?espace de quelques instants, que ce n?était pas un véritable être humain mais un homme BIC. Est-ce possible qu?il fut si réel, qu?il puisse connaitre tant de choses, qu?il semblait avoir vécu tant d?expériences pour ne vivre que 24h ? Je pense que c?est à ce moment là que chaque femme ayant fait appel à ce service devenait accro. Elle ce fut pire et incontrôlable.

 

Elle ne reprit pas contact avec la société tout de suite. Elle laissa l?expérience intégrer son esprit petit à petit. Dans le mois de septembre elle ne s?autorisa qu?une soirée. Le mois de novembre fut un peu plus festif, elle fit appel deux fois à la société de service. Ses traits s?étaient pendant ce mois moins creusés que d?habitude pour une personne de son âge et de sa fonction. Son sourire était devenu un peu plus systématique et sa démarche un peu plus assurée. Toujours nerveuse, elle semblait néanmoins s?être un peu détendue. Décembre arriva très vite et avec lui le simulacre de fêtes de fin d?année qui ne trouvaient d?intérêt que dans les primes et les cocktails servant de préambule à d?éventuelles mutations ou promotions. Elle sortit trois fois. Prit-elle son homme B.I.C. sous le bras pour faire bien lors des soirées ou prit-elle le parti d?y aller seule pour marquer son indépendance, je ne peux le dire.

Elle partit en vacances quelques jours en janvier et revint pleine d?énergie. Elle s?autorisa un dîner rapide chez moi à son retour. Ses réserves étaient vides du simple fait qu?elle avait suspendu ses livraisons. Son esprit était clairement ailleurs et ne resta pas longtemps. La reprise c?est dur, me dit elle. Il ne faudrait jamais partir.

Janvier et février se passa avec acharnement. Avait-elle oublié ses réserves de décompression, cherchait-elle à confirmer ses chances de progression dans la société ? Difficile de la dire mais il est certain que quelqu?un devait lui suspendre une carotte devant son nez. Les soirs et les week-ends furent laborieux. Mars lui tendit les bras et elle ouvra les siens deux fois. Son compagnon d?un soir vint la chercher trois fois. Les lendemains elle prit même le temps d?une grasse matinée et traina en robe de chambre jusqu?à 11h. Elle sauta néanmoins dans un habit de travail jusqu'au soir. C?est là probablement qu?elle perdit pied.

En très peu de temps son train de vie explosa ne dormant que quelques heures seulement. Elle ne rentrait presque que pour se changer après une rapide toilette. Elle alternait sortie et travail. Au début elle semblait comme poussée par une énergie intarissable. Elle souriait sans cesse, courait dans tous les sens, riait et reprit le sport en salle. Entre chaque voyage elle s?organisa plusieurs soirées dans la même semaine.

 


par Anderson publié dans : Contes
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