Mercredi 5 septembre 2007
Dans un joli village de pierres, breton
Vollent des papillons, rouges, jaunes, marrons.
Le bouquet de fleurs aux couleurs électriques
Nourrit les voltigeurs aux allures frénétiques.
Ce sont des rayons de lumières magiques
Apparition d’un soleil d’été, extatique
Traversant dans ma vision le gris des murs,
Le vert profond de l’humidité qui susurre.
Leurs grandes ailes de silence, trop fébriles
Rendent hésitant leur vole soul, malhabiles.
Ce sont des clowns dans un monde de la voltige,
Des gymnastes exerçant le grand écart sur tige.
Leur beauté cache leur grande fragilité
Comme des belles aux robes trop apprêtées.
J’ai vu des bateaux perdus sur leur océan
Trainant leur triste reflet de fantôme errant.
Les voiles déchirées et la coque trouée,
La mer ne semblait plus pouvoir les supporter.
Entre deux vagues molles, presque lessivées,
Ou au milieu d’un univers calme et bleu,
Ecrasés de lumière ou dans l’ombre pétrifié
Ces grands voiliers étaient comme abandonnés.
J’ai vu des bateaux, presque des coques de noix
Plus fiers et plus beaux que certains grands vaisseaux.
Ils voguaient où bon leur semblait, sans effrois.
J’ai vu des hommes avec leur âme en radeau
Autre fois si grands, la vie mit, par rafale,
Leur tête à l’envers et leur cœur à fond de calle.
D’autres, plus discrets, traversaient les océans
Parfois échouant mais toujours gaillard devant.
Entre ombres et lumières,
Entre feu et l'eau,
Voici venir les chevaux
A la troublante crinière.
Leurs écuyers en annonce
Soufflent dans leur corne.
L'eau s'élève en licorne
Et tombe en semonce
Eclattant sous leurs sabots.
Immobiles depuis longtemps
Ils semblent vouloir, pourtant,
Avancer ou faire les beaux.
Ils jettent grands et magestueux
Leur splendueur sous vos yeux.
Tisse, tisse ta transparente et fine toile
Fais un joli voile tout en spirales

Un discret soleil perce les nuages bleus et gris
En cette fin d’un été maussade, presque aigris.
Un rayon de chaleur timide et bien trop pâle
Empourpre ce duvet d’une touche monacale.
Le soleil retrouvera bientôt sa sombre cellule
Noircissant les jours de l’aube au crépuscule.
La douce brise deviendra vite un vent glacial
Pressant les passants dans les lueurs matinales.
Les murs noirs de Paris se pareront tôt d’étoiles.
Ses rues se feront luisantes comme des toiles
Gagnant leurs décors de joies hivernales.
Que m’importe le noir et la froideur de la nuit
Que m’importe les jours d’hiver blancs ou gris
Si je les passe plongé dans ta chaleur de vestale.

J’ai vu des rochers aux cheveux de cristal
J’ai vu des plages parsemées d’émeraudes.
Un rayon de soleil traversait, gris et bleu pale,
La douceur du ciel où le goéland parfois, rode.
Caressant lentement le sable jaune et gris,
Des vagues déposaient, comme un offrant
Les algues arrachées aux fonds surpris
Par la houle, au large des îles des Glénans.
Sur la falaise quelques pins et une maison
Regardaient, placides, la lutte des embruns
Attaquant la roche sombre et marron
Et la pierre arracher l’écume comme un chagrin.
L’eau ruisselante livrait en rivière de diamants
Des perles scintillantes au regard du passant.
par Anderson
publié dans :
Poesies et images
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