Lundi 19 juillet 2010
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Mes deux cerisiers, mécènes des cieux,
Fournissent des fruits aux sucres délicieux,
Transforment leurs branches en nombreux perchoirs
Pour les oiseaux venus se reposer au soir.
A la floraison, ils ont prolongé l’hiver
Jetant leurs pétales comme les flocons d’hier.
La fruition attendit la fin des pluies
Pour émerveiller les branches de leurs rubis.
Le vol nerveux des ramiers s’est alourdi,
S’échappant par dizaines des tiges fléchies.
Comme des voleurs en bandes organisées
Ils ont pillé les tours aux ramures blessées.
Le soleil a transformé les pierres en perles
Noires que les pies ont accrochées à leur cou.
Pour partir au bal de leurs cousins les merles,
Elles prirent les fruits ne laissant rien du tout.
Ou si peu, les ultimes cerises flétries
Ont accueilli l’appétit des mésanges.
En frénétiques et discrètes souries,
Elles éparpillèrent dans un joyeux mélange
Restes de fruits en grappe déchiquetés,
Noyaux et liges parfois encore attachés.
Le chat resta stoïque sous cette mitraille.
Il avait tenté en vain l’assaut des murailles
A mi-chemin personne ne contrait sa charge,
Les oiseaux gros ou petits avaient pris le large.
Il ne nous reste plus maintenant que les feuilles
Qui couvriront très bientôt, mais sans orgueil,
D’un linceul doré, l’herbe et les restes séchés
De cette belle orgie de ce début d’été.
Les voleurs nous laisseront-ils pour l’heure
Profiter des autres fruits rouges à cœur ?
Par Anderson
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Mardi 29 décembre 2009
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19:13
Le vide n’est pas le rien, n’est pas l’absence
Il est conscience du sens de l'essence.
C’est la vérité dépouillée d’illusions,
Troubles inhérents à nos incarnations.
Le vide devant nos yeux n’est pas le rien.
Il est l’espace entre deux espaces presque pleins.
L’absence n’est pas vide devant nos yeux
Remarqué surtout par un cœur moins heureux.
Il est le souhait de permanence des êtres
Dans ce court instant que la vie nous fait paraitre,
Né des causes que nos actions passées portent.
Le silence n’est pas l’absence de bruit,
Il est la respiration entre deux notes
Attendant que du monde naisse l’harmonie.
Par Anderson
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Lundi 30 novembre 2009
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11:21
Un sourire et deux grands yeux noirs qui vous fixent
Est-ce un ange, ou suis je naviguant sur le Styx ?
Une tête ronde et plus encore avec ses joues,
Des envies de mordre avec ce rire qui joue
Comme l’eau joue avec les rayons du soleil
Au travers des feuilles d’un peuplier vermeil.
C’est un éclat de fraîcheur, une lumière
Qui pétille alors que l’obscurité s’étend
Sur un extérieur de moins en moins plaisant.
C’est une force apaisante, comme la prière
Console l’âme et l’emplit d’un nouvel espoir.
Alors qu’elle dort, ses lèvres sont deux pétales
Peintes sur la poupée de porcelaine pâle
Allongée près d’elle : son reflet dans le miroir.
Par Anderson
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Vendredi 27 novembre 2009
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14:19
Un moteur ronronne comme un chat qui me berce
C’est un réveil qui, avec beaucoup de douceur, perce
Le silence et ma nuit, appelant ma conscience.
Sans le jour, mes rêves font de la résistence.
Tous les matins c’est le même, sauf le dimanche
Tous les matins, un bruit vient et m’éveille.
C’est l’arrivage des produits frais qui tranche
Le silence de la nuit dans mon sommeil.
Quel bonheur que de pouvoir replonger
Dans les bras tendres de cette chère Morphée.
Quel plaisir de se lover dans les profondeurs
D’un oreiller, en se disant que pour une heure,
La sieste peut encore un peu se prolonger
Un souffle encore et un ronflement...
…
c’est l’heure !
Par Anderson
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Mercredi 25 novembre 2009
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21:48
Je revois ma mère s’afférant à ses fourneaux
Dans ma chaise haute je babillais des mots.
Le son des casseroles, mêlés à mes coups
Sur le plateau, faisaient comme un concert de fous.
Travaillant en silence comme si ses jours
Et ses nuits d’absence étaient trop courts,
Sur la grande table, parmi des papiers
En vrac, se trouvait mon père, tête penchée.
Dans une autre chaise, un autre aussi tapait
Plus fort, sur tout ce qui, autour de lui, passait.
C’était le plus souvent la tête de ma sœur.
L’échos de ses cris traversait soudain la porte
Arrêtant tout, nous mettant tous d’accord en sorte.
Et la musique laissait place à la stupeur.
Par Anderson
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Mercredi 25 novembre 2009
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21:47
L’automne arrive suivi par les nuits d’hiver
Les feuilles tombent enflammant le doux vert d’hier.
Les sapins immobiles, avant que ne commence
Sur les routes leur très étrange transhumance,
Se blottissent un instant dans un coin de forêt.
En soldats napoléoniens devant l’anglais
Ils craignent la scie les décimant par rangées.
Leur vert est leur linceul et les corps entassés
Gisent dans le camion en amants enlacés.
Un filet de plastique vient les border.
Les bois, par pants entiers, ainsi voyagent
Inondant les capitales et leurs parages.
Répartis, séparés, chacun sera vendu
Dans une boutique comme au coin d’une rue.
Les voici bientôt, derrière des fenêtres tristes,
Décorés, maquillés comme des clowns en piste.
Ils seront vénérés sur l’autel éphémère,
Jusqu'à ce que leurs épines ne tombent à terre.
Leur squelette sera dépecé des décors,
Sans boules ni guirlandes, ils finiront dehors.
Quelle étrange vie, quelle très curieuse mort ?
Quelle faute expient-ils pour endurer ce sort ?
Naître dans la nature, bercé par les vents,
Avoir l’écureuil, le hibou dans ses branchages,
Voir la neige sur ses épines pour un temps
Et inspirer le poète comme le sage,
Pour finir au côté d’une poubelle sombre
En compagnie d’un rat, qui se cache dans l’ombre.
Est-ce bien humain que d’aimer la nature
De cette façon, en attirant près de soi
Une vie calme qui ne le demandait pas
En déracinant une frêle créature ?
L’homme agit de même sur tout ce qui l’entour
Il veut tout maîtriser et détruit tour à tour
Le végétal, l’animal comme son prochain
Il ne lui restera très bientôt plus rien.
Par Anderson
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Mercredi 25 novembre 2009
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15:33
L’aube projetait des couleurs de sucrerie
Bon marché sur la Seine bordée de réglisse.
La queue des voitures léchait avec délices
Les méandres conduisant mes rêveries
Jusqu’à des amas sculptés de sucre glacé.
S’envole alors un parfum presque vanillé
Un parfum d’envie de m’échapper, d’une errance,
De sauter le pont, de retourner à l’enfance,
De suivre la piste multicolore et libre,
Pour goûter le sucre de chacune des fibres
De ce ruban dansant dans le matin gris bleu.
Mais le feu passe au vert. Je tourne la poigné
De mon scooter. Le vent fait pleurer mes yeux.
Je rabats ma visière très vite embuée.
Par Anderson
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Jeudi 27 août 2009
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09:06
La mouette et le goéland sont l’océan.
Leurs ailes sont les écumes jetées par les vents
Qu’ils battent comme les vagues sur les rochers
Lorsqu’ils s’élèvent en jets et partent voyager.
Ils cachent du gris virant au noir par endroits
Comme les ondes taisent richesses et proies.
Nul ne peut approcher les secrets maritimes
Comme aucun ne caresse ces oiseaux des cimes.
Leur regard est fait des couleurs de l’horizon
Qu’ils chantent en choeur d’un même diapason.
Tous fixent un point, loin devant, comme hypnotisé
Tous tournés au-delà des crêtes irisées.
Ils gardent le rose qui pu être arraché
Aux nuages comme à la grève un soir d’été.
Le fut-il aux rivages exposant leur corail
Châteaux aquatiques ceinturés de murailles ?
Leurs pattes gardent-elles traces des combats
Livrés pendant des siècles par les armadas ?
Rouge, blanc et le noir se mêlent dans les airs
Pour donner naissance à cet étrange bestiaire.
Sont-ils au final, les âmes de ces marins
Que les remous bercent en secret avec soin ?
La mer leur aura certainement tout donné
Pour en faire ses plus parfaits messagers.
Par Anderson
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Mercredi 4 mars 2009
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15:59
Le ciel est une page blanche bordée
Par des murs et des toits de cheminées brodés.
Leur craie n’offre qu’un mince reflet de volume
A leurs pieds, à un bonnet rouge qui fume.
Une main est tendue, tremblante sans gants,
Et porte en suspend l’espoir d’un mendiant.
Ses yeux plongent dans l’abîme du bitume
Cherchant, immobiles, leur vision posthume.
Tout en lui semble vide, rien ne bouge
Si ce n’est la main posée sur la laine rouge
Pour porter aux lèvres la cigarette offerte.
Le regard se lève alors sur la rue déserte,
Replonge dans un soupir digne d’un trépas.
La foule pourtant est là, ils ne se voient pas.
Par Anderson
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Vendredi 13 février 2009
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19:33
Ce matin, le ciel s’enflammait sur Paris
Comme autre fois à Rome ou encore à Pompéi.
Les toits éblouissants débordaient d’étincelles
Tombantes sur les pavés glissants de Courcelles.
A Neuilly, des nuées mettaient en évidence
Des voûtes colorées sous la pluie qui danse.
Un arc-en-ciel dominait cette cité
En géant de passage un instant arrêté.
Sa tête avait disparu dans les hauteurs
Ignorant les ruelles, des toits, leurs lueurs.
Encore plus bas des passants sur le bitume
Engoncés dans leur importance posthume
Se camouflaient sous leur grand parapluie noir
Front et nez baissés ils ne voulaient rien voir.
Par Anderson
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Mercredi 7 janvier 2009
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15:36
Paris s’ennuie le long des quais désertés.
Une péniche dans un halo de fumé
Passe respectant le silence imposé
Par Notre Dame à la robe gelée.
Pont Saint Louis un homme court vers un abri,
Le comptoir d’un café, l’assise d’un taxi.
Le froid le presse, réduisant sa vision,
Il ne perçoit pas la beauté de l’horizon.
Loin vers la Rouen un nuage s’incendie
Jetant ses tons orangers sur des toits blanchis.
Vers la Marne c’est un bleu profond de nuit
Qui s’installe s’accaparant les docks de Bercy.
Demain matin c’est Turner qui s’invitera
Faisant fumer la Seine le long de ses bras.
Par Anderson
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Lundi 5 janvier 2009
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21:12
Les vacances sont terminées et l’écolier
Repousse l’heure où il devra se coucher.
Il tourne, il fait durer la douche et le souper,
Il traîne et veut prolonger le temps qui lui reste.
Tout fait un sujet bon pour grogner et il peste.
Il veut retrouver Noël et son beau sapin.
Ses épines déclinent et voilà que s’éteint
La guirlande qui choit d’un mouvement de main.
Il veut retrouver ses jeux du matin au soir,
Oublier son bureau, s’inventer des histoires,
Attendre la veillée les yeux pleins d’espoir,
Déballer de nouveau la série de cadeaux
Que déposa l’homme en rouge dans son traîneau.
Le lit l’attend, à son pied, le sac à dos.
Ses efforts sont vains, alors que l’heure sonne,
L’écho de la cloche dans sa tête, résonne.
Par Anderson
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Vendredi 14 novembre 2008
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La tête est encore lourde sur l’oreiller,
La chaleur du lit garde les corps engourdis.
La nuit s’estompe révélant le laurier
Sous un croissant de lune bien trop petit.
Le ciel diaphane presque pellucide
Me présente une journée au fond d’air algide.
Par la lucarne ouverte, j’attrape une brise
Qui me transit tout entier sans surprise.
Un air de bois échappé d’une cheminée
Vint embellir ce souffle d’une note cendrée.
C’est déjà Noël et ses ombres qui s’avancent :
Les parfums de la clémentine et du sapin
S’uniront à l’éclat de la bougie qui danse.
Et des cadeaux aux feuilles de papiers peints
Ouvriront grand les yeux avides des enfants.
Mais pour l’instant, c’est le travail qui m'attend.
Par Anderson
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Mercredi 12 novembre 2008
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/Nov
/2008
14:43
Je vois une chambre, je vois un lit
Je vois des draps sans aucun pli.
Où la mémoire repose le silence dort
Des rêves ont fui les clartés de l’aurore.
J’entends un son, je devine une musique,
Une valse qui court de façon folklorique,
S’échappe du plafond, s’élance dans la rue,
Les pas de la pluie au loin se sont perdus.
Je sens un parfum qui, témoin d’une présence,
Affirmant avec force et souligne l’absence
De l’arôme de l’esprit quand l’âme n’est plus.
Sur une table les photos des disparus,
Un froid chandelier, un livre inachevé
Une paire de lunette très peu portées.
Par Anderson
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Vendredi 7 novembre 2008
5
07
/11
/Nov
/2008
14:04
Le soleil dans le dos me pousse et me tempère.
Mon ombre précède mes pas et se déploie
Au début sombre de la chaussée qui se perd
Aux pieds des cafés éclairés de néons froids.
Un vent frisquet venu de l’ombre me fait face
et me freine alors que je remonte la rue.
Les devantures aux mannequins au teint écru
S’éteignent et de la nuit effacent les traces.
La ruelle dans un instant va s’animer
Et délivrer ses flots de voitures pressées.
Le silence sera percé par les livreurs,
Par le camion encombrant des éboueurs.
Pour l’instant c’est un café que je viens chercher
Un échos du réveil pour lancer la journée.
Par Anderson
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